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		<title>L&#8217;aube de la formation tout au long de la vie, avec l&#8217;EFPA</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 21:03:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Europe s&#8217;est fixé des objectifs d&#8217;éducation et de formation à l&#8217;égard des européens. On peut consulter à cet égard les résolutions du Conseil de l&#8217;Union Européenne de 2004 et de 2008 (1). Cette politique se décline autour d&#8217;un programme dit &#8220;d&#8217;apprentissage tout au long de la vie&#8221; (LLP : Longlife Learning Program) et d&#8217;un investissement [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=100&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Europe s&#8217;est fixé des objectifs d&#8217;éducation et de formation à l&#8217;égard des européens. On peut consulter à cet égard les résolutions du Conseil de l&#8217;Union Européenne de 2004 et de 2008 (1).<br />
Cette politique se décline autour d&#8217;un <strong>programme dit &#8220;d&#8217;apprentissage tout au long de la vie&#8221; (LLP : Longlife Learning Program)</strong> et d&#8217;un investissement de 7 milliards d&#8217;euros sur sept ans pour sa mise en œuvre (2).<br />
En 2009, parmi les appels à projets retenus et subventionnés par la Commission Européenne, figure <strong>le projet ESPIL</strong> : &#8220;European School Psychologists Improve Lifelong Learning&#8221;. On peut l&#8217;entendre, comme l&#8217;ont traduit certains : &#8220;Implication des Psychologues Scolaires dans l&#8217;Apprentissage tout au long de la Vie&#8221;.</p>
<p><strong>Ce projet est piloté par l&#8217;EFPA</strong> et par une association qu&#8217;elle a créée en 2007, baptisée &#8220;NEPES&#8221; pour &#8220;Network of European Psychologists in the Educational System&#8221;.  Il nous est dit que les psychologues de ce réseau soutiennent &#8220;les politiques d&#8217;éducation et de formation tout au long de la vie en Europe, en améliorant l&#8217;organisation de leur métier&#8221;.<br />
Comment entendent-ils y parvenir ?<br />
<strong>Avec ESPIL</strong>, il s&#8217;agira pour eux de &#8220;préparer les associations nationales de psychologues du milieu éducatif à jouer un rôle proactif dans la mise en œuvre des recommandations communautaires sur l&#8217;éducation et la formation au niveau national&#8221; (3).<br />
Leur position est clairement énoncée: se faire le relais des politiques européennes de l&#8217;éducation, de la formation à venir. Mais encore ? Quelles sont ces recommandations et quel sera leur impact ?</p>
<p><strong>Une Conférence </strong>relative au projet ESPIL a eu lieu à Bruxelles les 21 et 22 janvier 2010<strong> </strong>avec des représentants de la Commission Européenne, des psychologues, et pour les étudiants, les parents, les élèves et les professeurs, une association européenne s&#8217;exprimant en leur nom (4).</p>
<p><span style="text-decoration:underline;"><strong>L&#8217;apprentissage tout au long de la vie</strong></span><br />
Un représentant de la Commission a présenté les outils dont l&#8217;Europe s&#8217;est dotée pour faire fonctionner ce programme.<br />
Les acronymes des deux modalités qui encadreront la certification européenne sont &#8220;EQF&#8221; et &#8220;ECVET&#8221;. La trame de ce &#8220;cadre européen de certification&#8221; ou &#8220;European Qualification Frame&#8221; (EQF) repose sur 8 niveaux de qualification.</p>
<p>Toute qualification qui prétendra exister au niveau européen devra donc repérer ces différents niveaux, soit choisir d&#8217;intégrer dans sa description :<br />
la complexité des savoirs qu&#8217;elle mobilise, l&#8217;instruction qu&#8217;elle requiert, le niveau d&#8217;indépendance ou d&#8217;intégration nécessaires à sa réalisation, le degré de difficulté de sa mise en œuvre et enfin sa transparence ou son &#8220;dynamisme&#8221;, ce qui nous semble pouvoir être lu comme l&#8217;influence, ou l&#8217;expansion qu&#8217;un travail, une fois effectué, sera supposé avoir eu sur son environnement.</p>
<p>Cela implique que la validation, soit la reconnaissance sociale d&#8217;une capacité à effectuer une tâche, prenne appui, non plus sur les enseignements reçus, dit &#8220;<strong>income</strong>&#8220;, sur des diplômes, mais sur des &#8220;<strong>savoirs</strong>&#8221; acquis, des &#8220;<strong>savoir-faire</strong>&#8221; (c&#8217;est ainsi que nous traduisons le terme de &#8220;skills&#8221;, qui, selon nous, peut être aussi entendu comme &#8220;techniques d&#8217;application&#8221;) et des &#8220;<strong>compétences</strong>&#8220;.<br />
Dans ce système, la figure de celui qui enseigne s&#8217;efface, de même que la notion d&#8217;enseignement. Elles subissent un certain ravalement au profit d&#8217;un produit: <strong>l&#8217;outcome</strong>, entendu comme résultat des acquis, et, ce qui va de pair, de la figure de celui qui évaluera, qui en prendra la mesure. N&#8217;aura de valeur que &#8220;ce&#8221; qui a été mesuré, ce qu&#8217;on entend qui le soit.</p>
<p><strong>Le terme d&#8217;enseignement est remplacé par des savoirs</strong> dont on considère pouvoir extraire ce qu&#8217;ils apportent pour les traduire en termes de &#8220;credits&#8221;, des unités dont le nombre sera fonction du barème appliqué au regard des compétences mobilisées. Ils entreront ainsi dans un système de comptabilisation, de capitalisation et de mise en parallèle des acquis.<br />
L&#8217;ECVET, &#8220;European Credit for Vocational Education and Training&#8221;, Crédit Européen pour l&#8217;Education et la Formation, sera le savoir qui vaut au regard de la réalité sociale à venir.</p>
<p>L&#8217;enseignement tendra probablement à répondre à cette demande, sans doute y aura-t-il  tentative de conformisation à ces savoirs requis, mais cette atomisation, la réduction de ce qui est enseigné à un certain nombre de particules peut-elle suffire à en rendre compte ?</p>
<p><strong>Les notions d&#8217;income et d&#8217;outcome considèrent des dits</strong>, mesurables, quantifiables, elles infèrent que c&#8217;est cela qui aura été entendu par tous. Elles balayent de fait ce qui, de ce qui se dit,  s&#8217;entend, de même que l&#8217;énonciation, le dire.  L&#8217;analyse de l&#8217;outcome, comme ce qui résulterait d&#8217;une formation, permettra-t-il de réduire les inégalités du système éducatif en donnant à chacun sa chance? Ne jettera-t-il pas plutôt sur le sujet  un voile supplémentaire, qui le rendra plus opaque encore à lui-même ?</p>
<p>L&#8217;Union Européenne a fait le choix d&#8217;élire, de privilégier un certain nombre de compétences qu&#8217;elle donne comme étant <strong>des compétences-clés</strong>. Elles sont décrites dans un document qui a été présenté lors de la conférence de janvier par un intervenant: &#8220;Les écoles du 21ème siècle&#8221; (5).Elles incluent des savoirs, savoir-faire et &#8220;attitudes&#8221; -traduisons ce mot par &#8220;façons ou manières d&#8217;être&#8221;.</p>
<p>Sont d&#8217;abord cités des savoirs dits &#8220;traditionnels&#8221; mais qui, d&#8217;être mentionnés au dépends d&#8217;autres, circonscrivent des domaines considérés comme primordiaux:<br />
maîtrise de la langue maternelle, connaissances en langues étrangères, compétences de base en mathématique, en science, en technologies de l&#8217;information et de la communication (ICT).<br />
D&#8217;autres connaissances &#8220;transversales&#8221; viennent ensuite, à verser au compte des &#8220;attitudes&#8221;, de ces &#8220;manières d&#8217;être&#8221; attendues des futurs citoyens européens :<br />
- En premier lieu &#8220;l&#8217;apprendre à apprendre&#8221;, que l&#8217;on peut compléter, avec cette plongée dans l&#8217;univers de ce &#8220;Longlife Learning Program&#8221;, d&#8217;un &#8220;tout au long de la vie&#8221;, ou bien &#8220;du berceau à la tombe&#8221; pour reprendre les mots d&#8217;un des participants à cette conférence.<br />
- Mais également l&#8217;acquisition de compétences dites &#8220;civiques et sociales&#8221; : un esprit &#8220;d&#8217;initiative et d&#8217;entreprise&#8221;, une &#8220;conscience culturelle&#8221; et une &#8220;capacité d&#8217;expression&#8221;.<br />
Ce choix indique un &#8220;ce qu&#8217;il faudra savoir&#8221;, un &#8220;ce qu&#8217;il sera bien de savoir&#8221;, qui laisse de côté la façon dont chaque sujet répondra, pourra répondre, à la demande qui lui sera faite d&#8217;entrer dans ce programme.</p>
<p><strong>Ces recommandations ont été approuvées </strong>par les Présidents du Parlement et du Conseil Européen en  2008. Les Etats ont été &#8220;invités&#8221; à référer leurs niveaux de qualification à l&#8217;EQF d&#8217;ici à 2010 et &#8220;invités&#8221; à l&#8217;introduire dans leurs certificats et diplômes nationaux à partir de 2012.<br />
La mise en conformité est en cours. Il est précisé que la démarche &#8220;EQF&#8221; est un processus &#8220;volontaire&#8221; mais qui pourrait s&#8217;en excepter ?</p>
<p>Au nom d&#8217;une meilleure préparation au monde de demain, d&#8217;une recherche du bien-être des individus et du bien de la société, ce programme promeut <strong>une certaine &#8220;Weltanschauung&#8221;</strong>.<br />
On fait l&#8217;hypothèse qu&#8217;on saurait moins bien aujourd&#8217;hui qu&#8217;hier ce dont les étudiants ont besoin pour construire leur vie d&#8217;adulte.<br />
Au final leurs besoins sont rapportés à une demande unique.<br />
Qu&#8217;il s&#8217;agisse de combattre l&#8217;abandon scolaire, d&#8217;aider les citoyens réaliser leurs potentiels et leurs aptitudes, &#8220;d&#8217;accroître le taux de succès dans l&#8217;enseignement secondaire et supérieur et de faciliter la transition vers la vie professionnelle ainsi que le retour aux études&#8221;, les stratégies que l&#8217;on entend développer répondent, à ce que nous avons pu en lire jusqu&#8217;alors, d&#8217;un ajustement au monde  économique (6).</p>
<p>Ces politiques d&#8217;éducation et de formation sont subordonnées aux besoins du <strong>marché du travai</strong>l, en vue d&#8217;un progrès saisi sous l&#8217;angle &#8220;d&#8217;une croissance économique soutenue et prolongée&#8221;.<br />
Dans un monde où les échanges se mondialisent, où &#8220;les progrès technologiques exigent des connaissances constamment réactualisées&#8221; tandis que &#8220;les entreprises, qui s&#8217;internationalisent et développent de nouveaux modes d&#8217;organisation&#8221; demandent l&#8217;acquisition de compétences permettant aux individus de s&#8217;adapter à des contextes fluctuants, le programme &#8220;tout au long de la vie&#8221; entend remodeler et orienter l&#8217;éducation et la formation pour répondre favorablement à ces exigences (7). Il s&#8217;agit d&#8217;encourager &#8220;tous les citoyens à continuer de développer leurs qualifications et leurs compétences tout au long de leur vie, en fonction de l&#8217;évolution des besoins sur le marché du travail&#8221; (8).<br />
Ainsi l&#8217;esprit d&#8217;initiative relèvera-t-il de la capacité à entériner, voire à anticiper ces attentes dans un cadre qui entend baser sa politique sur une &#8220;culture de l&#8217;évaluation&#8221; (9)</p>
<p><span style="text-decoration:underline;"><strong>ESPIL et l&#8217;orientation scolaire </strong></span><br />
Dans ce programme, les services d&#8217;orientation sont appelés à procéder à un &#8220;recentrage&#8221; pour jouer le rôle qu&#8217;il leur est imparti :<br />
&#8220;Une orientation efficace a un rôle-clé à jouer en termes de promotion de l&#8217;inclusion et de l&#8217;équité sociales, de l&#8217;égalité des sexes et d&#8217;une citoyenneté active, en encourageant et en soutenant la participation des individus à l&#8217;éducation et à la formation et en les aidant à effectuer des choix professionnels réalistes et constructifs&#8221; (10)<br />
Un changement s&#8217;opère, d&#8217;un repérage basé sur des diplômes à une approche accordant la priorité à des compétences, développées et acquises dans un circuit non plus &#8220;vertical&#8221; mais transversal, intégrées à un curriculum qui s&#8217;insérera dans la logique ici développée. Cette bascule doit s&#8217;opérer dès la scolarité.</p>
<p>C&#8217;est ce dont<strong> le NEPES</strong>, un regroupement de psychologues issus du milieu de l&#8217;éducation et de la formation qui relève de l&#8217;EFPA, entend se saisir.<br />
Selon les conclusions apportées par sa responsable, Marianne Kant-Schaps, un profil professionnel et des structures doivent être développés en psychologie scolaire, en réponse  au programme d&#8217;apprentissage tout au long de la vie et au concept d&#8217;école du 21ème siècle. La psychologie scolaire doit s&#8217;adapter à ce défi.</p>
<p>Il a été annoncé que l&#8217;ESPIL ferait connaître sa politique concernant l&#8217;éducation, la formation et le rôle des psychologues scolaires dans un document à venir. Néanmoins, <strong>des positions ont déjà été dégagées</strong> lors de cette conférence :<br />
-    <strong>le certificat élaboré par l&#8217;EFPA, EuroPsy</strong> (11) a été jugé &#8220;compatible avec ces challenges&#8221;. Selon Robert Roe, son Président, l&#8217;EFPA compterait 250 000 membres, soit la quasi-totalité des psychologues en exercice en Europe. Nous savons qu&#8217;il faut ramener cela aux associations qui en sont membres, et de là, à ceux qui, parmi elles, poursuivent ce projet.<br />
Il a évoqué l&#8217;idée d&#8217;un certificat spécialisé post-master sur le modèle de ceux élaborés pour la  psychothérapie et la psychologie du travail. Il ferait l&#8217;objet d&#8217;une revalidation de l&#8217;EFPA tous les 5 ans, en fonction de la poursuite d&#8217;une formation continue.</p>
<p>-    Il n&#8217;est donc pas étonnant que la formation permanente des psychologues scolaires, sujet abordé par Francine Corman, membre de l&#8217;AFPEN et représentante du NEPES en France, ait fait l&#8217;objet d&#8217;attentions (12). La situation des Conseillers d&#8217;Orientation Psychologues en France a été présentée par Me Caput, disant les difficultés qu&#8217;ils rencontrent. Comment leur situation sera-t-elle prise en compte, au vu de la réduction drastique des effectifs dont ils sont l&#8217;objet, dans un contexte où il s&#8217;agit de dégager les &#8220;bonnes pratiques&#8221; à venir ?</p>
<p>-    Le minimum requis du nouveau profil théorique et pratique du psychologue scolaire a été annoncé comme étant celui d&#8217;EuroPsy, avec pour condition supplémentaire une pratique supervisée d&#8217;un ou  deux ans.</p>
<p>-    Un Comité d&#8217;étude, en lien avec la Commission Européenne sur l&#8217;Education et la Culture et le réseau Eurydice (13), se préoccupera des supports à mettre en place en milieu scolaire et des <strong>nouveaux tests à promouvoir</strong>.<br />
Il nous est dit que ceux dont il est fait usage actuellement ne répondent pas aux exigences d&#8217;aujourd&#8217;hui. Rappelons que l&#8217;EFPA comporte une Commission en charge des tests et de l&#8217;évaluation dirigée par Dave Bartram.<br />
En quoi les prochains seront-ils plus fiables que les précédents ?<br />
Ils seront très certainement basés, comme les précédents, sur un certain usage des statistiques. Le psychologue qui croira atteindre à l&#8217;objectivité de la science fera ici fausse route. Il restera ignorant de la singularité du symptôme de celui qui s&#8217;adresse à lui. Sans plus pouvoir l&#8217;interroger, il contribuera ainsi à &#8220;voiler le défaut constitutif du savoir&#8221; (14)</p>
<p>-    Le réseau ESPIL a pris la décision de <strong>collecter les &#8220;bonnes pratiques&#8221;</strong> des psychologues en milieu scolaire en Europe, celles qu&#8217;il percevra comme telles. Il les entrera dans une base de données et les diffusera. L&#8217;enquête est en cours. Puisque l&#8217;ESPIL entretient des liens étroits avec l&#8217;EFPA, on peut penser que les résultats de l&#8217;enquête pourront aussi permettre de dresser le &#8220;profil&#8221; futur du psychologue scolaire, du psychologue intervenant en milieu éducatif.</p>
<p>-    Enfin, les participants se sont prononcés <strong>en faveur d&#8217;une &#8220;coopération accrue&#8221; des neurosciences</strong> et de la recherche en psychologie scolaire.<br />
Comme nous l&#8217;avons développé pour la psychothérapie, l&#8217;idée qu&#8217;une pratique puisse être &#8220;evidence-based&#8221;, puisse faire la preuve scientifique de son efficacité est un leurre (15). Ce modèle ne fait que se donner, avec des outils de mesure quantitatifs, une allure de scientificité.</p>
<p>Aucune autre modalité de questionnement des pratiques scolaires n&#8217;a été  évoquée dans le compte-rendu final de cette Conférence .</p>
<p><strong>BIOGRAPHIE</strong><br />
1- <strong>Projet de résolution</strong> du Conseil et des représentants des gouvernements des États Membres réunis au sein du Conseil relative au renforcement des politiques, dessystèmes et des pratiques dans le domaine de l&#8217;orientation tout au long de la vie en Europe, 18 mai 2004, PDF,</p>
<p>http://ec.europa.eu/education/policies/2010/doc/resolution2004_fr.pdf</p>
<p>- <strong>Résolution du Conseil</strong> sur &#8220;Mieux inclure l&#8217;orientation tout au long de la vie dans les stratégies d&#8217;éducation et de formation tout au long de la vie&#8221;, 21 novembre 2008, [PDF],</p>
<p>http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/fr/educ/104237.pdf</p>
<p>2- <strong>Schools for the 21st Century</strong>, 11.07.07, Commission of the European Communities, Bruxelles, &lt;http://www.nepes.eu/?q=node/527&gt; , page 3<br />
3- <strong>Compendium 2009</strong>, version française, Programme pour l&#8217;éducation et la formation tout au long de la vie, COMENIUS, DG Education et Culture,<br />
&lt;http://eacea.ec.europa.eu/llp/results_projects/documents/compendium_2009_ka3_fr.pdf&gt;, page 7.<br />
4- <strong>ESPIL Conference</strong>, 21-22 Janvier 2010, Programme, &lt;http://www.nepes.eu/?q=node/527&gt;<br />
5- <strong>Schools for the 21st Century</strong>, Ibid. Supra.<br />
6- <strong>Projet de résolution</strong>, Ibid. supra,  page 5<br />
7- <strong>Schools for the 21st Century</strong>, Ibid. Supra, page 6<br />
8- <strong>Projet de résolution</strong>, Ibid. supra,  page 6<br />
9- <strong>Schools for the 21st Century</strong>, Ibid. page 3<br />
10- <strong>Projet de résolution</strong>, Ibid., page 3<br />
11- Bigot Marie-Hélène, &#8221; <strong>La psychologie de l&#8217;Europe, sans diversité</strong> &#8220;, http://www.psychologuesfreudiens.org/article_travaux.php3?id_article=450<br />
12- <strong>AFPEN</strong>, Association Française des Psychologues de l&#8217;Education Nationale<br />
13- <strong>EURYDICE</strong> : &#8221; Le réseau Eurydice est un réseau d&#8217;information sur l&#8217;éducation en Europe, partie du programme communautaire Socrates …&#8221;.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Réseau_Eurydice<br />
14- Aflalo Agnès, <strong>L&#8217;assassinat manqué de la psychanalyse</strong>, Psyché, Editions Cécile Defaut, 2009, page 79<br />
15- Bigot Marie-Hélène, <strong>Recherches et calculs, comment éliminer le sujet</strong>, http://www.psychologuesfreudiens.org/articles_bulletins_arch.php3?id_article=913</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mahelledi.wordpress.com/100/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mahelledi.wordpress.com/100/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=100&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Recherches et calculs : comment éliminer le sujet</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 22:07:01 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Evaluation Psychothérapies]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Marie-Hélène Bigot le 4 février 2010 Le 22 janvier 2010 le &#8220;Réseau de Recherches Fondées sur les Pratiques Psychothérapiques&#8221;, RRFP, coordonné par J.-M. Thurin et B. Falissard, organisait une Journée pour faire part des premiers résultats de travaux engagés depuis deux ans. Les personnes présentes nous ont paru être, pour la plupart, déjà partenaires [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=89&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Marie-Hélène Bigot le 4 février 2010</p>
<p>Le 22 janvier 2010 le &#8220;Réseau de Recherches Fondées sur les Pratiques Psychothérapiques&#8221;, RRFP, coordonné par J.-M. Thurin et B. Falissard, organisait une Journée pour faire part des premiers résultats de travaux engagés depuis deux ans.<br />
Les personnes présentes nous ont paru être, pour la plupart, déjà partenaires du Réseau. De même nous a-t-il été dit que ces études de cas étaient maintenant &#8220;bien accueillies &#8220;, en référence à des &#8220;positions  récentes de leaders d&#8217;opinion&#8221;. Si des  résultats nous ont été communiqués, nous n&#8217;avons donc pas assisté au cours de la Journée à un débat qui ait permis de faire naître une position critique, d&#8217;interroger la valeur de ces travaux.<br />
Plus que d&#8217;un compte-rendu, il s&#8217;agira donc de questionner les objectifs, les outils, les études de cas présentées et la logique de cette recherche.</p>
<p>Ces travaux, a dit Michel Thurin, visent à comprendre &#8220;le pourquoi et comment ça marche&#8221; de la psychothérapie. Il reprenait là le titre du séminaire du NIMH (Institut National de Santé Mentale américain) en 2002 : &#8220;Psychotherapeutic interventions : How and why they work&#8221; (1)<br />
Rappelons aussi que ces travaux font suite à la publication de plusieurs expertises collectives. L&#8217;une d&#8217;entre elles portait sur l&#8217;évaluation de l&#8217;efficacité des psychothérapies. Cette évaluation a été considérée comme non valide par un grand nombre d&#8217;intervenants. Jean Marie Danion, partenaire du Réseau le rappelle :  &#8220;la contestation était allée jusqu&#8217;à affirmer l&#8217;impossibilité d&#8217;évaluer les phénomènes psychiques&#8221; (2)<br />
Si, dans ce texte, cette affirmation est dite &#8220;à l&#8217;évidence excessive&#8221;, certaines des objections d&#8217;alors sont reprises dans la définition du projet  RRFPP.<br />
B. Falissard nous a dit en introduction que ce projet visait à &#8220;développer l&#8217;évaluation des psychothérapies en conditions naturelles&#8221;, et le texte de présentation du réseau précise qu&#8217;il s&#8217;agira d&#8217;impliquer : &#8220;un nombre élevé de patients dont la complexité diagnostique et la dimension subjective des troubles seront prises en compte&#8221;, le but étant d&#8217;appréhender &#8220;la dynamique de changement en jeu au cours d&#8217;un travail psychothérapique&#8221; (3)</p>
<p><strong>Premier point. Aucune définition de  &#8220;la psychothérapie&#8221;:</strong></p>
<p>l&#8217;objet de la recherche dit porter sur les  pratiques psychothérapiques.<br />
Seules des modalités d&#8217;intervention sont décrites, avec cette précision venue de J.-M. Thurin : il s&#8217;agit &#8220;maintenant&#8221;, c&#8217;est-à-dire dans le cadre de ces recherches, &#8220;d&#8217;un acte technique&#8221;.<br />
Cette affirmation implique qu&#8217;il y ait, parmi les présupposés, celui-ci : il serait maintenant possible de décrire ce qui a eu lieu et les effets qui se produisent sans faire référence à un cadre théorique. L&#8217;analyse des seules  &#8220;données&#8221;  seraient devenues pertinentes. Sans doute cette phrase de B. Falissard, prononcée en introduction : Atteindre à la &#8220;transparence&#8221; avec  &#8220;un regard scientifique digne de ce nom&#8221;  est-elle à rapporter à cette intention.<br />
Il nous a semblé que non seulement cette volonté de transparence n&#8217;atteignait pas son but, mais qu&#8217;elle excluait son objet. Ces travaux ne pourraient donc prétendre à une quelconque validation de leurs résultats, sinon bien sûr au vu de critères auto-construits excluant toute critique.</p>
<p><strong>Les sujets inclus dans l&#8217;étude</strong><br />
On nous dit que ces études concernent actuellement trois grands groupes :<br />
La maladie d&#8217;Alzheimer, l&#8217;autisme et les troubles Borderline chez l&#8217;adulte et l&#8217;adolescent.<br />
Ces catégories sont repérées, cernées en référence au DSM ou à la CIM, qui revendiquent une absence de référence théorique.<br />
On trouve pourtant dans la CIM, entre autres, ce commentaire:  &#8220;les opinions concernant la classification des troubles de l&#8217;humeur divergeront tant que la subdivision des symptômes cliniques reposera uniquement sur des manifestations émotionnelles et comportementales et non sur des arguments biologiques ou biochimiques&#8221; (4)</p>
<p>Ces catalogues, CIM ou DSM, ne constituent de fait qu&#8217;un mode de classement parmi d&#8217;autres. Si ceux qui s&#8217;y réfèrent l&#8217;oublient, ceux qui l&#8217;ont construit le savent. Etablis par consensus, par accords intervenus entre partis (l&#8217;unanimité ne ferait pas plus le poids), leurs partisans attendent de la recherche scientifique qu&#8217;elle leur apporte le point d&#8217;ancrage, la caution qui leur manquent, rêvant d&#8217;en faire Le Système de classification naturel. Pour sa part, Bruno Falissard a mentionné que ces travaux ouvraient sur des champs pluridisciplinaires pouvant aller &#8220;jusqu&#8217;au plan biologique&#8221;.</p>
<p>Quatre cas ont été présentés, issus chacun de l&#8217;un des groupes de travail, avec, pour le troisième groupe défini comme &#8220;borderline&#8221; deux cas : celui d&#8217;une adolescente et d&#8217;une adulte.<br />
Chose curieuse, le premier, issu du groupe &#8220;Alzheimer&#8221;, n&#8217;en était pas un.<br />
Il s&#8217;agissait d&#8217;une femme de 74 ans pour laquelle le diagnostic posé était celui de  &#8220;troubles cyclothymiques&#8221;, &#8220;troubles de la personnalité histrionique&#8221;, qui a été opérée d&#8217;une cataracte au cours du suivi.<br />
Pourquoi cette inclusion de la part de chantres du scientifique ?<br />
On nous a répondu que la population, en psychiatrie, est hétérogène, que les troubles ne sont pas &#8220;que neuro-dégénératifs&#8221;, que &#8220;des troubles cognitifs peuvent apparaitre au décours de troubles dépressifs graves&#8221;. Ce diagnostic n&#8217;était pas celui retenu, mais si on suit ce fil, il a été dit à plusieurs reprises que cette évaluation se faisait &#8220;en conditions naturelles&#8221;.<br />
Cette vignette prétendrait donc répondre à une objection : celle d&#8217;une sévérité des critères d&#8217;inclusion telle que &#8220;la cohorte de patients inclus dans l&#8217;étude n&#8217;est plus représentative des patients de la clinique courante&#8221; (5)</p>
<p><strong>Etude systématique de cas isolés </strong><br />
C&#8217;est  le nom qui a été donné à ces protocoles de recherches. Ils sont supposés tenir compte de critiques concernant des études d&#8217;abord appelées &#8220;contrôlées randomisées&#8221; (ECR),  d&#8217;abord apparues au Canada et aux Etats-Unis.<br />
L&#8217;appel d&#8217;offres du projet  reprend certaines de ces objections:  &#8220;échantillons trop spécifiques, indicateurs trop réduits, durée réduite de l&#8217;étude, absence de prise en compte du contexte&#8221; (6).<br />
Le Réseau, qui entend aussi suivre les recommandations l&#8217;APA et du NIMH. (Association Américaine de Psychiatrie et Institut National de Santé Mentale américain),  se propose de &#8220;rapprocher la recherche du monde réel (effectivness studies)&#8221;, pour répondre &#8220;aux questions des patients, des cliniciens, des services de santé et des assurances&#8221; (7).</p>
<p>La perspective économique fait partie intégrante projet. B. Falissard a fait référence, dans son intervention, aux travaux de Fonagy et Kastin. Kastin mentionne également la présence de cet intérêt économique. Il existe, dit-il, de la part de ceux qui payent: &#8220;une tentative pour déterminer ce qui est approprié, ce qui doit être remboursé et comment&#8221; (8)<br />
Ces études visent donc à l&#8217;instauration de pratiques &#8220;evidence-based&#8221; (EBP), de thérapies censées avoir démontré leur efficacité après recherche sur des études de cas. Elles se poursuivent malgré les objections et tentent, dans le cadre du Réseau, de s&#8217;implanter en France.<br />
<strong><br />
Outils et Interprétation </strong><br />
Mais comment mesurer l&#8217;efficacité d&#8217;une thérapie ?<br />
Peut-être les indicateurs utilisés, qui sont dits &#8220;globaux&#8221;, fournissent-ils des informations sur des caractéristiques psychologiques, médicales, sociales, de personnes retenues dans le cadre d&#8217;une recherche, mais encore faut-il s&#8217;interroger sur ce dont ces indicateurs, qui relèvent du choix des expérimentateurs, seraient supposés être l&#8217;indice.<br />
Chacun des groupes de participants du Réseau a rendu compte de résultats obtenus avec les outils choisis pour l&#8217;étude. Des chiffres, des différences entre sujets, d&#8217;une passation à l&#8217;autre pour un même cas, ont été enregistrés, mais en quoi cela relève-t-il des effets de la &#8220;psychothérapie&#8221; ?<br />
En quoi ces outils sont-ils adéquats pour mesurer un effet de la psychothérapie ?<br />
Et, au-delà, quel doit être cet effet ? Ou ces effets ? Qui décide d&#8217;ailleurs des effets attendus, obtenus ? Nous notons qu&#8217;ici les sujets &#8220;psychothérapisés&#8221; n&#8217;en disent rien. Les chercheurs se font leurs interprètes au travers des instruments d&#8217;évaluation. Cette traduction chiffrée n&#8217;est-elle pas chose impossible à réaliser ?</p>
<p>&#8220;L&#8217;amélioration&#8221; est un point retenu par J. Barber, chercheur américain &#8220;spécialisé dans la recherche sur les psychothérapies&#8221;. Reste que &#8220;le critère d&#8217;amélioration&#8221; dont on va se servir pose lui aussi problème. Il faut décider de ce qu&#8217;il sera, à quoi on le compare, ce qui fait sa validité… même ceux qui conduisent de telles études en conviennent (9)</p>
<p>Les résultats qui nous ont été communiqués obéissent à un protocole précis.<br />
Certains des entretiens sont transcrits. Un &#8220;groupe de pairs&#8221; s&#8217;accorde, par consensus, pour établir un diagnostic, définir les objectifs poursuivis et la stratégie à mettre en place.<br />
Le cas est ensuite analysé à partir d&#8217;éléments tels que l&#8217;échelle de &#8220;Santé Maladie de Luborsky&#8221;, une échelle de &#8220;Fonctionnement dynamique&#8221;, une cotation au Psychotherapy Process Q-set (PQS) d&#8217;Enrico Jones…</p>
<p>Retenir ces résultats pour paradigmatiques d&#8217;une amélioration participe d&#8217;une construction théorique. Les conditions du suivi, ne sont pas &#8220;naturelles&#8221;, mais construites. Les sujets savent qu&#8217;ils participent à une étude, donnent leur consentement, tant du coté &#8220;thérapeute&#8221; que des personnes suivies. Ce qui modifie les conditions de prise en charge.<br />
Les critères retenus ne sont pas plus &#8220;naturels&#8221;. Ils orientent une lecture des cas.<br />
C&#8217;est tenir, par exemple, celui qui se plaint, qui souffre, pour malade, supposer qu&#8217;il y a là &#8220;dysfonction&#8221;,  ou &#8220;désadaptation&#8221; comme cela a pu être dit.<br />
C&#8217;est construire un système qui repose sur une dualité santé/maladie, dont le terme de psychothérapie est d&#8217;ailleurs lui-même porteur.</p>
<p>On corrèle des changements de niveau à une &#8220;efficacité/inefficacité&#8221; de traitement, alors que &#8220;le lien entre les changements de niveau de ces indicateurs et l&#8217;efficacité du traitement, rapportée à un changement de comportement, n&#8217;a pas toujours été établi&#8221; (10)<br />
En quoi les indicateurs choisis ici sont-ils pertinents ?<br />
En quoi  ces résultats sont-ils l&#8217;indice d&#8217;un effet psychothérapeutique plutôt que d&#8217;un changement de contexte, d&#8217;aléas de vie (des différences sont enregistrées lors de l&#8217;intervention de la cataracte du premier sujet) ou d&#8217;autres interventions ?<br />
Au nom de quoi a-t-il été décidé que telle donnée, changement de comportement ou autre, cotée par un &#8220;psychothérapeute&#8221; endossant aussi l&#8217;habit de chercheur, et par deux collaborateurs extérieurs, est un indice fiable de l&#8217;effet du traitement ?<br />
Le biais introduit par la présence du psychothérapeute dans les études a bien été mentionné, mais, en amont et en premier lieu, les choix qui ont présidé à l&#8217;élection de ce cadre, qui portent à caution n&#8217;ont fait l&#8217;objet d&#8217;aucune remarque au cours de la Journée,</p>
<p>Pourquoi les croire plus fiables que l&#8217;interprétation que le sujet pourrait proposer, sinon parce que ce modèle se donne, avec ces outils de mesure quantitatifs, une allure de scientificité ?<br />
Cela devient criant quand B. Falissard soutient que &#8220;ce type d&#8217;appréciation&#8221; (la cotation par trois pairs en vue d&#8217;évaluer s&#8217;il y a ou non amélioration des cas) n&#8217;est &#8220;pas plus mauvaise qu&#8217;une créatinémie&#8221; à condition que &#8220;vous challengiez, remettiez en question&#8221; !<br />
Il y a là mise en parallèle d&#8217;une donnée biochimique, avec ses aléas de lecture relevant de l&#8217;avancée technologique d&#8217;une machine, et d&#8217;une cotation, résultat d&#8217;un consensus après lecture effectuée par 3 personnes. Cette dernière lecture est pourtant toute relative, puisqu&#8217;elle est à rapporter à la soumission des &#8220;pairs&#8221; aux outils, au cadre théorique sous-jacent, aux éléments retenus comme significatifs.</p>
<p><strong>Pourquoi l&#8217;usage des termes de &#8220;pairs&#8221; et de &#8220;groupe de pairs&#8221; </strong> ?</p>
<p>Nous y voyons une volonté : celle d&#8217;évacuer la subjectivité des &#8220;psy&#8221;, de les réduire à trois outils d&#8217;analyse dont la grille de lecture se doit d&#8217;être similaire, superposable à une lecture technologique. Ils peuvent d&#8217;ailleurs être de formations théorique différente: le thérapeute peut être  de formation analytique, tandis que les deux autres cotateurs sont TCC. C&#8217;est là que B. Falissard situe le challenge et la remise en question nécessaires.<br />
C&#8217;est oublier que la pertinence des éléments choisis n&#8217;est pas démontrée, que l&#8217;on ignore de quoi ces chiffres et ces résultats sont les indicateurs. D&#8217;une créatinémie, non, mais de quoi d&#8217;autre ?<br />
Fiat, croyance à l&#8217;œuvre, puisqu&#8217;il s&#8217;agit ici d&#8217;interprétations auxquelles nous sommes invités à souscrire, à partir de la seule affirmation de leur &#8220;scientificité&#8221; et de leur &#8220;transparence&#8221;.</p>
<p><strong>Une psychothérapie, c&#8217;est quoi ?</strong><br />
En préliminaire ne s&#8217;agirait-il pas d&#8217;interroger ce qu&#8217;est une psychothérapie ?<br />
Les psychothérapies dont on nous a entretenus ont souvent été qualifiées de &#8220;psychodynamiques&#8221; sans qu&#8217;ait été défini ce qui les caractériserait. Si cette orientation est repérée comme &#8220;champ théorique&#8221;, nous ignorons quels sont  les éléments retenus par les tenants de cette étude pour décider de l&#8217;effectivité d&#8217;une telle orientation, ce qui vient unifier ce champ.</p>
<p>Ainsi J. Barber, qui constitue une référence pour le Réseau, dit-il travailler sur des &#8220;psychothérapies psychodynamiques brèves&#8221; (PPB), mais être &#8220;un peu versé dans les deux formes de thérapies&#8221;, c&#8217;est-à-dire &#8220;à la fois sur les psychothérapies cognitives et sur les psychothérapies psychodynamiques brèves&#8221;.<br />
Il ne dit pas quelle en est sa définition, ce en quoi, pour lui, elles diffèrent, ni la durée de ces PPB, mais précise qu&#8217;aux Etats-Unis la durée moyenne d&#8217;une thérapie est de 8 séances !<br />
Dans cet entretien, les interviewers, X. Briffault, M. Thurin et JM Thurin, mentionnent l&#8217;existence d&#8217;autres psychothérapies de la catégorie &#8220;dynamique&#8221; : celle de Kernberg, &#8220;très interprétative&#8221;, et celles qui &#8220;se situent beaucoup plus du côté d&#8217;une aide de la personne à construire son espace de pensée, sa personnalité, son identité dans un cadre qui lui apporte une sécurité&#8221; (11)</p>
<p>Au nom de quoi les unes et les autres, dites psychodynamiques, sont-elles considérées comme telles ? En quoi peuvent-elles être considérées comme similaires ?<br />
Si, comme il nous a semblé, cette psychothérapie &#8220;du côté d&#8217;une aide de la personne&#8221; a été utilisée pour mener certaines des prises en charge des études de cas, pourquoi  l&#8217;a-t-elle été et pourquoi serait-elle paradigmatique des psychothérapies &#8220;dynamiques&#8221; ?<br />
Rien n&#8217;est venu en rendre compte dans les exposés, et surtout pas cette remarque d&#8217;une participante du Réseau dans la salle : &#8220;la clinique transcende les clivages&#8221; ! Mais nous l&#8217;avons vu,  la clinique ne transcende pas l&#8217;analyse d&#8217;un cas, elle est subordonnée aux modalités de cette analyse, elle implique une lecture, l&#8217;application d&#8217;un cadre théorique précis avec  ses limites.</p>
<p>Par ailleurs, on ne peut prétendre que c&#8217;est &#8220;la même structure qui est appliquée à chacun des cas&#8221; (12) . On ne peut prétendre qu&#8217;une structure, une intervention, puissent être reproduites &#8220;à l&#8217;identique&#8221; tant côté &#8220;psychothérapeute&#8221;, que patient, même à supposer qu&#8217;il s&#8217;agisse des mêmes sujets… et des mêmes mots prononcés.<br />
Prétendre que ce qu&#8217;a opéré tel acte chez un sujet à ce moment donné est reproductible, avec l&#8217;idée d&#8217;une même réponse ultérieure, est très heureusement impossible, le sujet n&#8217;étant pas identifiable à un programme.<br />
L&#8217;acte et ses effets ne peuvent être réduits à ces présupposés, ni à l&#8217;addition de réponses retenues comme significatives… par un chercheur-thérapeute et ses acolytes. Ils tiennent à autre chose que la somme d&#8217;un listing préétabli.<br />
Un acte et ses effets n&#8217;ont pas qu&#8217;une dimension &#8220;technique&#8221;, ils ne sont pas qu&#8217;un protocole avec incidences attendues. Dans cette logique, si les effets attendus ne se produisent pas, ils ne peuvent être lus que comme la conséquence d&#8217;une manœuvre inadéquate du &#8220;psy&#8221;, le signe de l&#8217;inadaptation du cas…ou au mieux comme l&#8217;absence d&#8217;une donnée pas encore entrée dans le calcul.</p>
<p><strong>Des études de cas aux études  agrégées</strong><br />
Il nous a été dit au cours de la journée que ce qui a été collecté, introduit dans la base de données, pourrait mener ensuite à des &#8220;études agrégées&#8221;, permettre d&#8217;opérer des &#8220;croisements de facteurs&#8221; qui pourraient &#8220;expliquer les différences&#8221;, cela &#8220;sans ramener à un profil moyen&#8221;.<br />
Des cas isolés ainsi évalués il est donc prévu de passer &#8220;aux cas regroupés&#8221;.<br />
Au vu de la relativité des données collationnées, ce projet s&#8217;apparente selon nous à une création de ses auteurs :<br />
&#8220;Nous supposons qu&#8217;ensuite il va être possible de faire de la recherche inductive. C&#8217;est-à-dire de constituer et d&#8217;observer a posteriori des groupes de cas similaires, avec une notion de similarité qui dépend de ce qu&#8217;on veut rechercher : questions et problèmes similaires, diagnostic similaire, processus similaire, résultats similaires ou non similaires &#8230;.<br />
On peut constituer ainsi des groupes quasi expérimentaux à partir desquels il devient possible de faire des comparaisons à différents niveaux. Nous supposons que cela va dépasser les limites des essais contrôlés randomisés&#8221; (13)<br />
Ajoutons cela, qui vient compléter ces hypothèses : &#8220;Dans une perspective déterministe, la notion de hasard est uniquement liée à l&#8217;incapacité à appréhender complètement certains phénomènes dans leur complexité naturelle et donc à les prévoir infailliblement&#8221; (14)<br />
Vouloir produire des déterminants calculables, reproductibles, de la psychothérapie rend compte de cet acharnement. Ces recherches tentent de recouvrir un réel qui échappe au filtre des protocoles.<br />
<strong><br />
Thérapies : L&#8217;entrée et la sortie de la boîte </strong><br />
Nous ne chercherons pas à reprendre les présentations de cas et leurs suivis de façon exhaustive, nous relèverons seulement certains points.</p>
<p>- Des présupposés, présentés comme analytiques, ont été évoqués dans certaines des présentations de cas, ils orientaient le &#8220;traitement&#8221;.<br />
A l&#8217;arrivée (après un temps de suivi), une tentative de questionnement d&#8217;un cas à partir  ces éléments de départ s&#8217;est soldée par ce commentaire d&#8217;un organisateur : A &#8220;personnaliser le traitement, on déraille&#8221;.<br />
A la sortie de la boîte, la théorie est réduite à rien. Zéro. Ou plutôt, elle devient une affaire personnelle, à garder pour soi.<br />
On &#8220;mesure la qualité du traitement. Point&#8221;, c&#8217;est là le fond de l&#8217;histoire La qualité est quantitative, on l&#8217;aura compris. Elle réside uniquement dans ces mesures effectuées avec les outils retenus. Toute autre chose est bannie.</p>
<p>- Si des objectifs ont été préalablement décrits, nous ignorons quels ont été les moyens mis en œuvre par le &#8220;thérapeute&#8221; pour parvenir à ses fins.<br />
Dans le second cas, par exemple, celui d&#8217;un enfant de 5 ans présenté comme autiste, l&#8217;un des objectifs décrits était de &#8220;contenir les crises à l&#8217;école&#8221;, nous ignorons de quelle façon celui-ci a été atteint.</p>
<p>- A aucun moment ce que les sujets disent n&#8217;a été interrogé au regard de l&#8217;inconscient, le mot n&#8217;a pas même été prononcé, ni non plus celui de transfert, qui ne peut se confondre avec la notion &#8220;d&#8217;alliance thérapeutique&#8221;.<br />
Le fait que le sujet humain soit parlant, &#8220;qu&#8217;il se produise comme (-1) au regard de la chaîne signifiante qui l&#8217;habite et que la libido investisse de manière élective ce (-1)&#8221;  n&#8217;a pas plus été évoqué (15).<br />
Dans ce qui nous a été présenté, la valeur des significations, des dires d&#8217;un sujet prennent sens autour d&#8217;une existence, d&#8217;un &#8220;bilan&#8221; ou d&#8217;une &#8220;histoire de vie&#8221; où l&#8217;intérêt se porte sur la &#8220;qualité des relations&#8221; familiales, amicales. La thymie, les émotions, les sentiments exprimés viennent prendre le rôle d&#8217;indicateurs d&#8217;une prise en charge qui vise à leur &#8220;stabilisation&#8221;.<br />
Dans ce cadre, les objectifs retenus sont de l&#8217;ordre du soutien, de la &#8220;reconsolidation d&#8217;un moi ébranlé&#8221;, de l&#8217;appui sur des processus défensifs.<br />
<strong><br />
En conclusion, quoi dire ? </strong><br />
Que l&#8217;entrée dans la boîte implique l&#8217;assujettissement des thérapeutes et celle des thérapisés.<br />
Les thérapeutes ne peuvent interroger leur mise de départ, soit la validité de leurs présupposés théoriques propres puisqu&#8217;à l&#8217;arrivée il y a substitution, déplacement : le nouveau cadre théorique, celui de la mesure est donné comme seul valable pour effectuer une lecture de ce qui s&#8217;est produit, des effets de la prise en charge. La mesure est considérée comme transcendantale.<br />
L&#8217;orientation, dite analytique ou encore psychodynamique, telle qu&#8217;elle est menée ici, ignore ce qu&#8217;il en est de l&#8217;investissement libidinal chez l&#8217;être humain et tient qu&#8217;il peut faire l&#8217;objet d&#8217;un calcul.<br />
&#8220;Pour une raison de fond, cet investissement n&#8217;est pas calculable, et tout ce qui tend à le saisir comme fonction calculable ne tient pas compte de ce qui se passe dans l&#8217;expérience analytique&#8221; (16)</p>
<p><strong>BIBLIOGRAPHIE</strong></p>
<p>1 &#8211; Réseau de Recherches Fondées sur les Pratiques Psychothérapiques (RRFPP), Projet de l&#8217;appel d&#8217;offres, Références bibliographiques, http://193.49.126.9/Recherche/PLR/PLR55/PLR55.html</p>
<p>2 &#8211; Réseau de Recherches Fondées sur les Pratiques Psychothérapiques (RRFPP), Danion Jean-Marie, Editorial, Ibid. supra</p>
<p>3 &#8211; Ibid. supra</p>
<p>4 &#8211; Classification Internationale des Troubles Mentaux et du Comportement, CIM10, page 11</p>
<p>5 &#8211; Fischman Georges. Modèles épistémologiques de l&#8217;évaluation des psychothérapies et méthodologies de la recherche en psychanalyse. L&#8217;Information Psychiatrique, février 2009, Vol 85, N°2, 143-51, page 144</p>
<p>6 &#8211; Réseau de Recherches Fondées sur les Pratiques Psychothérapiques (RRFPP), Projet de l&#8217;appel d&#8217;offres, Enjeux spécifiques du projet, http://193.49.126.9/Recherche/PLR/PLR55/PLR55.html</p>
<p>7 &#8211; Ibid. Supra, Enjeux scientifiques actuels de la recherche évaluative en psychothérapie</p>
<p>8 &#8211; Kasdin, A. E. Evidence-based treatment and practice: New opportunities to bridge clinical research and practice, enhance the knowledge base, and improve patient care. 2008. American Psychologist, 63, 146-159</p>
<p>9 &#8211; Pour la Recherche n° 47. Entretien avec Jacques Barber. http://193.49.126.9/Recherche/PLR/PLR47/PLR47.html</p>
<p>10 &#8211; West, P. L., &amp; Warchal, J. (2009). The role of evidence-based therapy programs in the determination of treatment effectiveness. G. R. Walz, J. C. Bleuer, &amp; R. K. Yep (Eds.), Compelling counseling interventions: VISTAS 2009 (pp. 291-301), page 296, (Traduction M.-H. Bigot)</p>
<p>11- Pour la Recherche n° 47. Entretien avec Jacques Barber. http://193.49.126.9/Recherche/PLR/PLR47/PLR47.html</p>
<p>12- Ibid. sup.</p>
<p>13 &#8211; Ibid. sup.</p>
<p>14 &#8211; Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hasard</p>
<p>15 &#8211; Miller J.-A. : El hueso de un anàlisis, Tres Haches, 1998, page 50</p>
<p>16 &#8211; Ibid., page 55</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mahelledi.wordpress.com/89/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mahelledi.wordpress.com/89/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=89&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Texte pour l&#8217;A. G. des Psychologues Freudiens</title>
		<link>http://mahelledi.wordpress.com/2009/12/20/texte-pour-la-g-des-psychologues-freudiens/</link>
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		<pubDate>Sun, 20 Dec 2009 21:28:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[Le samedi 7 novembre 2009,  par Marie-Hélène Bigot Paru dans le N°33 de l&#8217;Epoque Freudienne, le 31 décembre 2009 Lien Pendant ces deux années, la Commission Europe de l&#8217;Association des Psychologues Freudiens, avec Marie-Claude Sureau et moi-même, a continué de s&#8217;intéresser aux objectifs que poursuivent certaines associations de psychologues, en particulier à ceux de la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=74&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le samedi 7 novembre 2009,  par Marie-Hélène Bigot</p>
<p>Paru dans le N°33 de l&#8217;Epoque Freudienne, le 31 décembre 2009 <a title="Lien" href="http://www.psychologuesfreudiens.org/" target="_blank">Lien</a></p>
<p>Pendant ces deux années, la Commission Europe de l&#8217;Association des Psychologues Freudiens, avec Marie-Claude Sureau et moi-même, a continué de s&#8217;intéresser aux objectifs que poursuivent certaines associations de psychologues, en particulier à ceux de la FEAP (Fédération Européenne des Associations de Psychologues) et de la FFPP, son représentant en France.</p>
<p>Ce questionnement et ces recherches m&#8217;ont amenée à écrire des textes où j&#8217;ai cherché à exposer, à développer les conséquences qu&#8217;auraient ces orientations pour les psychologues, en particulier pour ceux qui s&#8217;orientent de la psychanalyse.<br />
Présentés à des après-midi, à des journées organisées par l&#8217;Envers de Paris, l&#8217;ACF Ile de France, par l&#8217;ACF Val de Loire Bretagne, ces articles sont tous consultables sur le site internet des Psychologues Freudiens.<br />
Un lien avec le site de l&#8217;InterCoPsychos donne aussi accès au texte de janvier 2009, écrit en réponse à la lettre que Monsieur Quéheillard, secrétaire du Syndicat National des Psychologues, avait adressé au Président de la FEAP.<br />
<strong><br />
Que se passe-t-il maintenant, que ferons-nous ?</strong></p>
<p>En France, la FFPP a mis en place un Comité National, le CoFraDec, qui prétend accréditer les psychologues et les lieux de formation jugés conformes aux critères requis par la Fédération Européenne. Des psychologues &#8221; référents EuroPsy &#8221; seront désignés au début de 2010  .<br />
Monsieur Lécuyer, président de ce Comité, mais aussi membre du nouveau Conseil Exécutif de la FEAP depuis juillet,  a envoyé une lettre aux Présidents d&#8217;Université. Il y donne le CoFraDec comme représentatif de la profession et de la discipline, cela alors qu&#8217;il n&#8217;a aucun statut légal et que la prétendue diversité des personnes nommées à ce poste, toutes désignées par la seule FFPP, ne le rend d&#8217;aucune façon représentatif de la profession.</p>
<p>La FFPP organisera bientôt une journée pour présenter ce Comité. La situation des psychologues au Royaume Uni et au Québec, entre autres, avec leurs pratiques de supervision instituées y seront présentées.<br />
Le but poursuivi n&#8217;est pas, comme il est dit, de rendre compatibles les diplômes nationaux entre eux, mais de les aligner sur les normes EuroPsy, normes disent être conformes aux critères d&#8217;une psychologie dite scientifique.</p>
<p>Cela amène Monsieur Grosbois, chargé de mission &#8221; Psychothérapie &#8221; à la FFPP, à évoquer &#8221; l&#8217;opportunité de ne pas encourager les psychologues français à entrer dans le processus d&#8217;autorisation légale type article 52 &#8220;, et à valoriser au contraire &#8221; la reconnaissance par l&#8217;EFPA des psychologues se spécialisant en psychothérapie &#8221; au motif  qu&#8217;ils auraient, eux, une &#8221; vraie formation psychothérapique &#8221; .<br />
In fine, cette formation, conforme aux vœux de la FEAP, procède de la supervision et de l&#8217;évaluation. Elle évacuerait toute possibilité pour un psychologue d&#8217;interroger en propre ce qui fait désir chez l&#8217;humain et priverait tous les lieux de formation existants de leur autonomie, du libre-choix de leurs enseignements et de leur responsabilité.</p>
<p>La Société Française de Psychologie a fait sien ce point de vue. Elle a accepté d&#8217;avoir des représentants au sein du CoFraDec et siège aux côtés de la FFPP au titre de représentant en France d&#8217;associations internationales comme l&#8217;IUPsyS (Union Internationale de Psychologie Scientifique) et l&#8217;IAAP (Association Internationale de Psychologie Appliquée).<br />
Le Syndicat National des Psychologues entend pour sa part combattre ce projet EuroPsy en instaurant un Ordre des Psychologues, ce qu&#8217;il présente comme un &#8221; projet nécessaire pour garantir l&#8217;identité de la profession &#8220;. Nous  savons que  sa création modifierait le visage de la psychologie en France. Le SNP a prévu pour sa part une journée d&#8217;information en janvier 2010.<br />
L&#8217;une et l&#8217;autre associations appellent à la légalisation du Code de Déontologie.</p>
<p>Face à cette accélération des événements, il nous semble important, &#8220;judicieux &#8220;, pour reprendre un terme de Stella Harrison, d&#8217;étoffer la Commission Europe, et de créer un petit groupe qui travaillera sur ce thème &#8221; d&#8217;EuroPsy &#8220;.<br />
Les membres du groupe se tiendront informés des projets en cours, pourront communiquer par mail ou téléphone, se rencontrer si besoin est, et décider des réponses à apporter à ce qui se trame ici, qui met en danger la possibilité même pour les psychologues d&#8217;une pratique qui s&#8217;oriente de la psychanalyse.</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p>1- CoFraDec EuroPsy. Présentation.  <a title="Lien" href="http://www.europsy.fr/Presentation_EuroPsy2009.pps" target="_blank">Lien</a><br />
2- Fédérer. Bulletin FFPP septembre 2009. Philippe Grosbois, chargé de mission psychothérapie FFPP, Page 16</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/mahelledi.wordpress.com/74/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/mahelledi.wordpress.com/74/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=74&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>EuroPsy et sa croisade</title>
		<link>http://mahelledi.wordpress.com/2009/12/13/europsy-et-sa-croisade/</link>
		<comments>http://mahelledi.wordpress.com/2009/12/13/europsy-et-sa-croisade/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 16:20:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[Europsy et sa croisade &#8211; le 18 décembre 2008 - Instantanés de l&#8217;InterCoPsychos &#8211; N°290 Jeudi 29 janvier 2009 Lien La lettre que Monsieur Quéheillard adresse à Roal Ulrichsen, Président de la FEAP, et à Roger Lécuyer, au titre de Président de la Cofradec, appelle réponse (1) Plutôt que d&#8217;exposer ce qui se joue pour [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=66&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Europsy et sa croisade &#8211; le 18 décembre 2008 -</strong><br />
Instantanés de l&#8217;InterCoPsychos &#8211; N°290 Jeudi 29 janvier 2009 <a title="Lien" href="//www.psychologuesfreudiens.org/article_interco.php3?id_article=825" target="_blank">Lien</a></p>
<p>La lettre que Monsieur Quéheillard adresse à Roal Ulrichsen, Président de la FEAP, et à Roger Lécuyer, au titre de Président de la Cofradec, appelle réponse (1)<br />
Plutôt que d&#8217;exposer ce qui se joue pour les psychologues en France et en Europe avec le projet Europsy, elle laisse dans l&#8217;ombre certains points fondamentaux. Bien qu&#8217;il soit précisé que le SNP ne reconnaît pas là ses options, on a l&#8217;impression que, moyennant quelque adaptation aux réalités de la psychologie en France, il serait possible de trouver un terrain d&#8217;entente. Il n&#8217;en est rien.</p>
<p>Cette lettre fait suite à l&#8217;annonce par la FFPP, Fédération Française de la Psychologie et des Psychologues, de la création de Comités Nationaux &#8221; pour délivrer EuroPsy &#8220;. Il s&#8217;agirait en clair de procéder à la délivrance du diplôme de base de psychologue concocté par le groupe &#8221; EuroPsy &#8220;  et ratifié par la FEAP, la Fédération Européenne des Associations de Psychologues, cela, dans tous les pays d&#8217;Europe (2).<br />
La FFPP, l&#8217;association nationale française affiliée, désignée par la FEAP comme son représentant en France, a donc fait savoir qu&#8217;un Comité National était mis en place. Baptisé &#8221; Cofradec &#8220;, pour &#8221; Comité français de la délivrance de la certification &#8220;, Roger Lécuyer en a été élu Président au terme d&#8217;une élection organisée à la FFPP. Ce Comité sera constitué de 4 universitaires et de 4 praticiens, supposés représenter les principaux courants théoriques et les principales spécialités en France. Si l&#8217;on s&#8217;en tient à l&#8217;annonce, ils ont été élus le 6 décembre 2008.</p>
<p><strong>Point de départ</strong><br />
Monsieur Quéheillard dit savoir que &#8221; la FEAP et la FFPP sont en train de mettre en place ce projet &#8221; Europsy &#8221; dans plusieurs pays européens &#8220;. Il enchaine sur les positions du SNP sur &#8220;la discipline et la profession &#8221; pour demander à ses interlocuteurs si et comment ils entendent &#8221; adapter leur projet en fonction des réalités &#8221; qu&#8217;il expose.<br />
Il ne remet pas en cause leurs prétentions à déployer un tel projet. Leur démarche ne s&#8217;autorise pourtant d&#8217;aucune force légale, ne s&#8217;appuie sur aucune loi nationale ou directive européenne qui lui donnerait un caractère obligatoire. Elle ne se fonde que d&#8217;un &#8221; je veux &#8220;. C&#8217;est une position de maître qui tente de &#8221; faire accroire &#8220;, de subordonner au projet en question, en vue de recomposer le paysage de la psychologie en France et en Europe<br />
Rapportons-y la politique de &#8221; valorisation &#8220;, précédemment mentionnée, qui veut optimiser les avancées du projet et accroître son impact (3). Mais est-ce seulement cela ?<br />
<strong><br />
La formation des psychologues</strong><br />
Monsieur Quéheillard, pour le SNP, fait valoir que la psychologie relève &#8221; des sciences humaines &#8220;, son objet est en effet l&#8217;être humain et ce qui le fonde, dans sa singularité. Il relève que les cadres de pensée auxquels la psychologie se réfère sont hérités &#8221; d&#8217;une double tradition historique &#8220;.<br />
Nous préciserons que ces cadres, s&#8217;ils sont deux, sont distincts.<br />
L&#8217;un se réclame de la science et de &#8221; l&#8217;objectivisme &#8220;. Il vise à saisir l&#8217;homme, son malaise, au travers d&#8217;expériences qu&#8217;il veut objectives.<br />
N&#8217;oublions pas pourtant que, même à considérer l&#8217;homme et sa psyché à partir de la neurologie, de la biologie, de l&#8217;étude du cerveau, du relevé de données quantifiables et chiffrables, cela tient d&#8217;une conception théorique, ce n&#8217;est pas un fait en soi. Ces hypothèses, leurs expérimentations et résultats, ceux retenus comme significatifs, n&#8217;échappent pas au &#8221; cadre de pensée &#8221; de ceux qui les conçoivent, même si leur souhait serait d&#8217;atteindre à la réalité humaine.<br />
Le repérage du second cadre sous les termes d&#8217;un &#8221; humanisme &#8220;, d&#8217;un &#8221; subjectivisme &#8221; qui s&#8217;aborderait sous l&#8217;angle d&#8217;une relation intersubjective échoue à donner son cadre à la psychanalyse. En effet, si celle-ci oriente la pratique de beaucoup de psychologues en France, elle ne répond  pas tant de l&#8217;épanouissement de la personne humaine que de la révélation du désir qui anime chacun au un par un et l&#8217;oriente. Cette découverte se fait, non à partir d&#8217;une théorie de l&#8217;intersubjectivité, mais de celle de l&#8217;inconscient et de la mise en acte du transfert. Le désir de celui appelé à répondre à la demande qui lui est adressée est convoqué dans cette affaire.</p>
<p>L&#8217;exercice de tout psychologue trouve à se constituer de la mise en jeu, non seulement de concepts, mais aussi de &#8221; son implication personnelle &#8220;, de son être. Le cadre de son intervention répond donc toujours d&#8217;un au-delà l&#8217;enseignement reçu.<br />
C&#8217;est pourquoi une formation universitaire, aussi bien faite soit-elle, ne peut prétendre délivrer une formation qui réponde de ce dernier critère. Le niveau de formation théorique et pratique qu&#8217;elle est susceptible d&#8217;offrir ne peut, à notre sens, l&#8217;inclure.<br />
Elle peut viser à la transmission de concepts, se donner pour but d&#8217;instruire l&#8217;étudiant sur leurs implications, sur leurs limites. Elle peut viser à lui faire saisir la présence de cette &#8221; implication personnelle &#8221; dans ce qu&#8217;il entend d&#8217;autrui et le mener à s&#8217;interroger sur la façon dont il entend la prendre en compte. Elle ne peut prétendre incarner les courants théoriques, ni se confondre avec les écoles, avec ceux qui portent la responsabilité d&#8217;une théorie qu&#8217;ils soutiennent, à charge pour eux de l&#8217;interroger et de l&#8217;éclairer.<br />
Il nous parait essentiel de distinguer ces places, faute de quoi on assisterait au rabat de l&#8217;écart d&#8217;où chacun, étudiant, enseignant, praticien ou chercheur, peut interroger sa mise.</p>
<p><strong>La formation EuroPsy</strong><br />
Ce diplôme est un diplôme &#8221; de base &#8220;. Il est prévu de lui adjoindre des diplômes dits &#8221; avancés &#8220;, des spécialités qui pourraient, &#8221; à long terme &#8221; nous dit-on, &#8221; restreindre les lieux d&#8217;exercice, les niveaux et les tâches de ceux qui ne posséderaient que le diplôme Europsy de base &#8221; (4)<br />
Nous retenons plus particulièrement l&#8217;existence d&#8217;une spécialité en clinique et santé et d&#8217;une autre en psychothérapie. En ce qui concerne cette dernière, Philippe Grosbois a annoncé, dans un article du &#8221; Fédérer &#8221; de juin 2008 la mise en place de Comités Nationaux dans 7 pays de la Communauté Européenne, &#8221; pour évaluer les compétences des psychologues qui répondent aux critères de l&#8217;EFPA en matière de psychothérapie &#8221; (5).<br />
On  note que la politique de l&#8217;EFPA s&#8217;accélère et qu&#8217;elle recherche un impact maximal. Monsieur Quéheillard fait pourtant remarquer que l&#8217;existence de spécialités &#8221; a été refusée par le SNP &#8221; et &#8221; qu&#8217;aucune hiérarchie de niveaux de formation &#8221; ne doit être instaurée. L&#8217;EFPA n&#8217;en a cure.</p>
<p>S&#8217;il est précisé que le projet Europsy &#8221; ne vise pas à conférer un droit d&#8217;exercice et ne devra pas remplacer les pré-requis nationaux relatifs à la profession &#8220;, ses auteurs ajoutent qu&#8217;il est &#8220;évident que plus la reconnaissance du projet EuroPsy sera mise en place et plus les pré-requis nationaux s&#8217;y conformeront &#8221; (6). Parvenir à ce que les pré-requis nationaux s&#8217;alignent sur le projet Europsy. Le but est celui-ci : parvenir à imposer les &#8221; normes d&#8217;études et de formation &#8221; conçues par les membres du groupe Europsy et ratifiées par la FEAP.<br />
Exiger, par exemple, de tout psychologue qu&#8217;il puisse mettre en œuvre les 20 &#8221; compétences de base &#8221; qui ont été listées. Elles décrivent son action par le menu, elles la circonscrivent dans un mode d&#8217;emploi, dans des &#8221; rôles &#8221; préalablement attribués. Son intervention se doit d&#8217;être linéaire et planifiée. Elle se base, par exemple, sur &#8221; le repérage, la préparation et la mise en place d&#8217;interventions adaptées aux buts visés grâce à la mise en place du diagnostic et des développements ultérieurs, en tenant compte du service demandé &#8220;. (7). Ces dites &#8220;bonnes pratiques&#8221; seront garanties par un contrat où superviseur et étudiant conviendront du champ professionnel choisi, du type de client rencontré, du rôle à tenir et des compétences à mobiliser.<br />
L&#8217;écart entre la demande et le désir d&#8217;un sujet est écrasé, ignoré. L&#8217;acte se doit d&#8217;être conforme aux attentes du &#8221; client &#8220;, de suivre un &#8221; plan d&#8217;intervention &#8220;. La surprise est bannie. Le transfert, la mise en acte de l&#8217;inconscient n&#8217;ont aucun droit de cité dans ce chemin tracé d&#8217;avance. La psychanalyse n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas nommée. Est-ce un hasard, une tendance ? Suffirait-il de rappeler l&#8217;existence d&#8217;autres théories pour les voir prises en compte ?</p>
<p>Le projet Europsy prévoit qu&#8217;incombe au Comité National de l&#8217;association affiliée (Cofradec/FFPP) la  tâche de préparer et publier une liste des cursus de formation universitaire en psychologie accrédités &#8221; (8). Les &#8221; écoles thérapeutiques &#8221; autorisées à dispenser une psychothérapie seront aussi évaluées et accréditées.<br />
Ce Comité pourra donc décider des lieux d&#8217;enseignement, de qui dispense la psychothérapie adéquate, soit autoriser ceux qui s&#8217;accordent avec les critères d&#8217;Europsy.<br />
EuroPsy prévoit aussi un apprentissage obligé de la pratique avec un superviseur. C&#8217;est en le regardant faire, en se laissant soi-même observer, qu&#8217;on serait supposé &#8221; apprendre et progresser &#8220;. Pour encadrer cela un &#8221; guide de supervision &#8221; devrait paraître ! (9)<br />
Non seulement une démarche de supervision se doit en effet de &#8221; rester à l&#8217;initiative du professionnel &#8221; (et donc ne pas être systématisée) mais elle ne peut devenir un enseignement universitaire, procéder d&#8217;une &#8221; sélection et d&#8217;une validation académiques &#8221; (10).<br />
Avec Europsy, c&#8217;est par l&#8217;appui sur un autre qu&#8217;on regarderait faire, un Autre avec lequel on aurait &#8221; des discussions critiques &#8221; que l&#8217;on trouverait à fonder son exercice. Des savoir-faire et des techniques viendraient se substituer au surgissement d&#8217;un &#8221; je ne sais pas &#8221; et à la possibilité d&#8217;un questionnement sur &#8221; la part prise &#8221; par soi-même dans le cadre posé.<br />
Comment l&#8217;université pourra-t-elle être un lieu de confrontation théorique, comment pourra-t-il y avoir un lieu de questionnement des savoirs quand l&#8217;EFPA/ses associations affiliées seront &#8221; ceux qui savent &#8220;, quand les membres du Comité décideront d&#8217;inclure ou d&#8217;exclure lieux, étudiants, enseignants, psychothérapeutes… ?<br />
Des connaissances, même &#8221; doctorales &#8220;, ne seront dans ce cas que copies conformes.</p>
<p>Ces exemples ne sont pas des choix malencontreux. Le projet EuroPsy est le résultat d&#8217;une orientation qui se proclame scientifique. Ses normes reposent, selon ses auteurs, sur des critères &#8221; scientifiquement établis de la psychologie comme science et comme profession &#8220;(11)</p>
<p><strong>Les sources du projet</strong><br />
On nous dit qu&#8217;Europsy s&#8217;est inspiré de travaux effectués par la BPS, British Psychology Society, pour établir ses pré-requis. Nous savons qu&#8217;un canevas de formation a été établi dans un premier temps par l&#8217;ENOP, un équivalent de la FEAP pour les psychologues du travail. Il a pu constituer un modèle, certains membres d&#8217;Europsy sont d&#8217;ailleurs issus de la psychologie du travail et des organisations. Le projet Europsy est décrit comme la suite logique de ce processus. Mais il y a plutôt ici mise en œuvre d&#8217;une orientation décidée que reprise de quelques points de repère antérieurs.</p>
<p>Si nous nous intéressons aux membres d&#8217;Europsy nous nous apercevons qu&#8217;ils sont, pour la plupart, les mêmes depuis que le groupe s&#8217;est constitué.<br />
Les &#8221; gènes &#8221; qui répondent du projet nous sont décrits autrement par Bernard Wilpert : Europsy est né à partir d&#8217;une idée d&#8217;Ingrid Lunt. C&#8217;est elle qui a soigneusement choisi &#8221; des collaborateurs potentiels -&#8221; des partenaires &#8220;- pour la plupart admiratifs de sa sagacité, de ses aptitudes sociales et scientifiques &#8221; nous Wilpert (12). C&#8217;est dans un second temps que sont intervenus les autres points: le modèle construit par l&#8217;ENOP, le soutien de la FEAP au projet et les subsides du programme européen Léonardo de Vinci.</p>
<p><strong>Qui  sont ces &#8221; partenaires &#8221; ? </strong><br />
Ils représentent des universités ou des associations nationales, et plusieurs sont aussi membres d&#8217;organisations internationales de psychologie, en particulier de l&#8217;IUPsyS, l&#8217;Union Internationale de Psychologie Scientifique, et de l&#8217;IAAP, l&#8217;Association Internationale de Psychologie Appliquée.<br />
Ingrid Lunt, très active, est vice-présidente de l&#8217;IUPsyS pour la période 2004-2008. Elle fait partie des dirigeants de l&#8217;IAAP jusqu&#8217;en 2010. Elle est affiliée à la division internationale de l&#8217;APA, l&#8217;Association Américaine de Psychologie. D&#8217;autres sont membres de la SIOP, Société pour la Psychologie de l&#8217;Industrie et des Organisations, une autre division de l&#8217;APA .</p>
<p>Ces organisations ont toutes pour caractéristique de soutenir la psychologie scientifique et d&#8217;œuvrer à son internationalisation.<br />
Ingrid Lunt nous apprend d&#8217;ailleurs que l&#8217;IUPsyS poursuit &#8221; une initiative similaire à celle d&#8217;Europsy à un niveau plus global &#8221; (13). Cette association veut établir des standards, internationaux cette fois, pour les psychologues.</p>
<p>La FEAP, l&#8217;IAAP et l&#8217;IUPsyS ont signé un accord en juillet 2002 qui précise que &#8221; les trois associations partagent l es mêmes buts en promouvant la psychologie dans le monde &#8220;, et qu&#8217;elles &#8221; travaillent en étroite collaboration &#8221; (14)<br />
Pour sa part, la FFPP siège maintenant avec la SFP, Société Française de Psychologie, au sein d&#8217;un &#8221; Comité National Français de Psychologie Scientifique &#8221; (CNFPS). Michel Denis, le<br />
Président de l&#8217;IUPSyS, a demandé en mai 2008 que cette association reconnaisse le comité comme son représentant en France (15).<br />
Une Association pour l&#8217;organisation du Congrès Mondial de Psychologie Appliquée a été créée fin 2007 en vue de recevoir la Conférence Internationale de l&#8217;IAAP qui aura lieu en France en 2014. En sont membres de droit, entre autres, la FFPP et la SFP, leurs présidents, ainsi que Roger Lécuyer et Jacques Py (16).</p>
<p>La FEAP et la FFPP ont donc avec ces associations et leur orientation, pour le moins, des affinités. Comment concevoir qu&#8217;elles puissent prendre en compte un cadre qui ne se définisse pas de la science mais de l&#8217;hypothèse de l&#8217;inconscient ?<br />
Pour Ingrid Lunt et Jose Maria Peiro, membres d&#8217;Europsy, les changements sociaux en Europe, par exemple dans &#8221; les écoles, les organisations, la santé mentale et  les services sociaux &#8220;, &#8221; la recherche sur la prévention, les conduites et leurs conséquences &#8221; réclament l&#8217;attention croissante des psychologues. L&#8217;Europe devient donc une cible, un objectif (&#8221; a target &#8220;) pour cette psychologie qui se définit &#8221; comme une science et  une profession &#8221; (17)</p>
<p>Faire jouer la jurisprudence, faire la loi<br />
Le numéro de septembre 2008 de &#8221; Fédérer &#8220;, le bulletin de la FFPP, fait valoir que &#8221; la responsabilité des membres du Cofradec Europsy, en particulier ceux qui vont siéger dans le premier comité est considérable, car ce comité va créer une jurisprudence, et engager en grande partie l&#8217;avenir de la profession en France &#8221; (18). Cette référence à la &#8221; jurisprudence &#8221; nous rappelle que la France n&#8217;est pas seule concernée. Tous les &#8221; comités nationaux &#8221; instaurés en Europe par l&#8217;EFPA créeront cette situation de fait et viseront à l&#8217;établissement d&#8217;une jurisprudence. Coup de bluff ?</p>
<p>Si cette démarche de l&#8217;EFPA va dans le sens de la politique d&#8217;optimisation qui est la sienne, l&#8217;angle choisi nous semble différent des prétentions affichées jusqu&#8217;alors : distribuer une carte professionnelle, construire une &#8221; plate-forme &#8221; (19). Il est question ici de jurisprudence. Considérons aussi que Philippe Grosbois  annonce la délivrance d&#8217;un &#8221; Diplôme Europsy avec mention de spécialiste en psychothérapie &#8221; avec mise en place de Comités Nationaux dans 7 pays d&#8217;Europe. Ce forçage diffère d&#8217;une démarche en vue de l&#8217;établissement d&#8217;une plate-forme, de critères minimaux de reconnaissance.</p>
<p>La directive européenne 2005/36/CE vise à la reconnaissance des qualifications professionnelles. Elle s&#8217;applique aux psychologues, elle n&#8217;impose pas aux États l&#8217;harmonisation du contenu de leurs formations. Contrairement à ce qu&#8217;espérait l&#8217;EFPA, l&#8217;article 15 précise que les Etats conservent leurs compétences &#8221; pour déterminer les qualifications professionnelles requises pour l&#8217;exercice des professions sur leur territoire &#8221; (20). L&#8217;EFPA  comptait beaucoup sur cet article pour faire d&#8217;EuroPsy une plateforme commune, pour imposer Europsy en Europe.<br />
En 2006, elle disait vouloir malgré tout contribuer à l&#8217;établissement d&#8217;une plate-forme qui servirait de référence. Ce processus est codifié : il faut la proposer à la Commission Européenne qui convoque un groupe d&#8217;experts… en vue de son adoption. Adoptée elle acquiert une force juridique, qui ne peut excéder ce qu&#8217;en dit l&#8217;article 15 : elle ne s&#8217;impose pas. Cela ne fait pas une jurisprudence ni ne permet d&#8217;imposer les critères d&#8217;une spécialité.<br />
Nous ne pouvons que nous interroger, sachant que l&#8217;EFPA et ces associations internationales sont très attentives aux modifications de la législation européenne et aux opportunités qu&#8217;elle peut offrir.</p>
<p>La directive relative aux services de 2006 ne s&#8217;applique pas aux psychologues. Les services de santé ont été exclus de cette directive. Cependant aucune directive spécifique les concernant n&#8217;a été rédigée, malgré un rapport rédigé en ce sens par Maître Vergnaud en mai 2007 (21)<br />
Alors que de nombreux Etats ont souhaité que les services de santé bénéficient d&#8217;un encadrement &#8221; autre que celui exercé par les juges de la Cour de Justice des Communautés européennes dans le cadre de contentieux &#8220;, on apprend que le Parlement Européen a  préféré inviter la Commission &#8221; à proposer un instrument approprié en vue, notamment, de codifier la jurisprudence de la CJCE en la matière &#8220;(22). Ce point est à l&#8217;heure actuelle en discussion.<br />
Est-ce de cela qu&#8217;il serait question ? S&#8217;agirait-il de faire glisser les psychologues vers un système où tout groupe, en fonction de ses intérêts propres, pourrait viser à imposer le cadre qui lui convient, sans plus respecter la place particulière tenue par les services de santé ? Pour le plus grand bénéfice des intérêts du groupe en question et du marché ?</p>
<p>Le but de ces associations est de parvenir à imposer leurs standards, de développer une psychologie &#8221; universelle &#8220;, ou &#8221; globale &#8220;, au détriment de ce qu&#8217;elles rabattent du côté d&#8217;une diversité culturelle, de psychologies &#8221; indigènes &#8220;, jamais décrites comme relevant de théories de l&#8217;être humain inconciliables avec leurs présupposés (23). Il s&#8217;agit de passer au-delà d&#8217;un cadre qu&#8217;elles considèrent n&#8217;être constitué que de frontières traditionnelles, d&#8217;amener les Etats à tendre vers des normes qui conviendraient mieux à leurs intentions.<br />
La responsabilité des membres du Cofradec serait effectivement considérable dans ce changement de l&#8217;organisation du champ de la psychologie en France et en Europe. Il s&#8217;agirait, ni plus ni moins, de la retailler selon les vœux des tenants de la psychologie scientifique.</p>
<p>Au vu du laminoir qu&#8217;ils constituent pour toute théorie autre que celle qu&#8217;ils transportent, le projet de décret récemment proposé, visant à encadrer le titre de psychothérapeute, constitue un cadre respectueux des orientations théoriques présentes en France et de la compétence de l&#8217;Etat (24).<br />
Il met l&#8217;accent sur la nécessité de contenus clairement identifiés et référés plutôt que de s&#8217;appuyer uniquement sur un dit &#8221; haut niveau &#8220;. Notons qu&#8217;un niveau, même doctoral, se contente fort bien des standards d&#8217;un seul courant. Ce projet de décret considère qu&#8217;il existe des courants théoriques, il ne s&#8217;octroie ni le droit, ni le pouvoir de décider &#8221; d&#8217; UN &#8220;, qui serait &#8221; Le Vrai &#8220;.</p>
<p><strong>BIBLIOGRAPHIE</strong></p>
<p>1-    Quéheillard J.-L., Secrétaire Général du SNP, Lettre au Président de la FEAP (EFPA), Roal Ulrichsen, et au Président du COFRADEC Europsy, Roger Lécuyer, 24 novembre 2008. <a title="Lien" href="http://www.psychologues.org/Docs/systeme_europsy/2008-11SNP_FEAP_Europsy.pdf" target="_blank">Lien</a></p>
<p>2-    Fédérer, Bulletins 38 à 40,   <a title="Lien" href="http://www.psychologues-psychologie.net" target="_blank">Lien</a></p>
<p>3-    Bigot M.-H., &#8221; La psychologie de l&#8217;Europe, sans diversité &#8220;, note 26,<a title="Lien" href="http://mahelledi.wordpress.com/2009/12/05/la-psychologie-de-leurope-sans-diversite/" target="_blank"> Lien</a></p>
<p>4-    Diplôme Européen de Psychologie, Projet du groupe Europsy, <a title="Lien" href="http://ffpp.free.fr/europsy/europsy220905vf.pdf" target="_blank">Lien</a>, p. 3</p>
<p>5-    Grosbois P., Présentation de la synthèse du rapport d&#8217;activité du &#8221; Standing Committee on Psychotherapy &#8221; 2005-2007, Fédérer N°38, <a title="Lien" href="http://www.psychologues-psychologie.net" target="_blank">Lien</a></p>
<p>6-    Diplôme Européen de Psychologie, Ibid. supra, p.3</p>
<p>7-    Ibid. sup., p.28<br />
8-    Ibid. sup., p.9<br />
9-    Ibid. sup., p.35<br />
10-    Quéheillard J.-L., pour le SNP, Cf. Supra.<br />
11-    Lécuyer R., Europsy : Certification européenne en psychologie. Déclaration de l&#8217;EFPA, 12 10 2006. FFPP,  p.6<br />
12-    Wilpert B., Projecting a European Diploma in Psychology, European Psychologist, PsycARTICLES, sept. 2002, 7, 3, p.222.<br />
13-    Lunt I., On achievements and challenges in the international organisation of psychology, The Psychologist, février 2005,18, 2, p. 79<br />
14-    International Association of Applied Psychology, Newsletter, Volume 15, Issue 1, january 2003, p. 63<br />
15-    www.am.org/iupsys/natmembers/GA2008/2008-GA-3-3-france.pdf -<br />
16-    Association for the organization of the 28th International Conference of Applied Psychology 2014, &#8221; Consortium of Psychology Associations &#8211; 28th ICAP 2014 &#8220;, www.sfpsy.org/IMG/doc/A-CIPA-2014-UK.doc<br />
17-    Peiro J.-M, Lunt I., The context of a European Framework for Psychologists&#8217; Training, European Psychologist, PsycARTICLES, sept. 2002,7,3, p. 169-172<br />
18-    Fédérer, N°39, <a title="Lien" href="http://www.psychologues-psychologie.net" target="_blank">Lien</a><br />
19-    Lécuyer R., Europsy : Certification européenne en psychologie, Ibid. supra, p.3<br />
20-    Directive 2005/36/CE du Parlement et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, Article 15, Alinéa 4.<br />
21-    Projet de rapport sur l&#8217;impact et les conséquences de l&#8217;exclusion des services de santé de la directive relative aux services dans le marché intérieur. Rapporteur Vergnaud B., Commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs, 2006/2275 (INI). 06 03 2007 , <a title="Lien" href="http://www.europarl.europa.eu/meetdocs/2004_2009/documents/pr/656/656490/656490fr.pdf" target="_blank">Lien</a></p>
<p>22-    &#8221; Quel encadrement européen pour les services de santé ? &#8220;, Coopération Sociale Européenne, Fiche de synthèse, juillet 2007<br />
23-    Lunt I., On achievements and challenges in the international organisation of psychology, Ibid. supra, p. 79<br />
24-    Projet de décret, 22 10 08,  <a title="Lien" href="http://www.psychologues.org/Docs/decret+arrete_22_10_08.pdf" target="_blank">Lien</a></p>
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		<item>
		<title>Soumettre les psychologues à l’évaluation en Europe : les ressorts d’une volonté</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 15:35:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte présenté le 24 janvier 2009 au Mans. Après-midi organisée par l&#8217;Association de la Cause Freudienne Val de Loire-Bretagne : &#8221; Pour que vive la clinique dans nos pratiques au temps de l&#8217;évaluation généralisée &#8220; Le devenir des psychologues en France dépend d’associations qui œuvrent au niveau national mais aussi européen et international. Certaines entendent [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=56&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Texte présenté le 24 janvier 2009 au Mans. </strong></p>
<p><span style="text-decoration:underline;">Après-midi organisée par l&#8217;Association de la Cause Freudienne Val de Loire-Bretagne : &#8221; Pour que vive la clinique dans nos pratiques au temps de l&#8217;évaluation généralisée &#8220;</span></p>
<p>Le devenir des psychologues en France dépend d’associations qui œuvrent au niveau national mais aussi européen et international. Certaines entendent imposer leurs vues. Ainsi, une somme de réquisits a été élaborée par un groupe de psychologues issus de plusieurs pays d’Europe baptisé « groupe Europsy ».</p>
<p>Le canevas qu’il a élaboré, lui aussi appelé « Europsy », serait censé répondre de ce qui vaut pour une formation minimale des psychologues en Europe (1). C’est dans cette perspective qu’une dite « Fédération Européenne des Associations de Psychologues » entend le faire entrer en vigueur.</p>
<p>La FFPP, Fédération Française des psychologues et de la psychologie, est l’association nationale qui représente en France cette Fédération dite Européenne. Elle a récemment fait savoir qu’elle mettait en place un  Comité National pour délivrer ce « diplôme de base ». Selon ses dires, un tel comité est créé dans tous les pays d’Europe où la FEAP est représentée.</p>
<p>La FFPP a aussi fait connaître la position de cette Fédération Européenne en matière de psychothérapie : dans 7 pays d’Europe, des comités devraient évaluer les compétences qui relèvent de son exercice en fonction d’un canevas qu’elle a, là aussi,  approuvé. Ces comités délivreront un certificat provisoire en attendant de pouvoir inscrire ces dits « spécialistes en psychothérapie » dans un registre tenu par la   FEAP. La FFPP a dit qu’elle prendrait prochainement position sur ce point, rien n’a filtré jusqu’alors (2)</p>
<p>A l’appui de son projet, la Fédération  Européenne met en avant l’intérêt qu’il y aurait pour les psychologues à être plus mobiles en Europe et, pour ceux qu’elle appelle « des clients », l’intérêt pour eux d’accéder à des services dits « de qualité » (3). Puisque tous les pays sont poussés à s’aligner sur des critères qu’elle a choisis, cela laisse entendre que tous, peu ou prou, laissent à désirer, et que seules ses normes peuvent prétendre atteindre la dite qualité.</p>
<p>Que recouvre alors ce terme, sinon la promotion de ces références élues par la FEAP, les autres étant rejetés et leurs auteurs désignés comme des prestataires de service « pas qualifiés » ? (4)</p>
<p><strong>Que prévoit le projet ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Deux niveaux de diplôme, l’un dit « de base » et des spécialités. Ce n’est pas ce qui existe en France, et, comme cela est mentionné, cela risquerait fort de « restreindre les lieux d’exercice, les niveaux et les tâches de ceux qui ne posséderaient que le diplôme “de base”. Les critères qui ont été établis serviraient « pour l’évaluation de la formation universitaire et professionnelle de terrain des psychologues des divers états membres de l’Union Européenne. » (5)</p>
<p><strong>L’évaluation est donc ici un maître-mot.</strong></p>
<p>On nous dit qu’elle serait plus transparente que les Commissions d’équivalence qui sont à l’œuvre aujourd’hui. Elle serait surtout bien différente. Ces Commissions statuent uniquement sur la formation de psychologues qui en font la demande, en vue de leur accorder, ou pas, un droit d’exercice dans un autre pays européen que celui où ils ont validé leur cursus. Cela est fonction de la formation requise dans cet autre pays.<br />
Avec la FEAP, l’évaluation prendrait une tout autre dimension puisqu’elle s’étendrait à tous les psychologues, qui devraient renouveler leur accréditation tous les 7 ans pour pouvoir exercer, et à toutes les formations universitaires dispensées en Europe. C’est la Fédération Européenne qui délivrerait ces autorisations, par l’intermédiaire de chaque association nationale affiliée et de son comité, au regard des programmes qu’elle a conçus.</p>
<p>L’EFPA se défend de vouloir remplacer les pré-requis nationaux, elle se contente de dire qu’il est «évident que plus la reconnaissance du projet Europsy sera mise en place et plus les pré-requis nationaux s’y conformeront ». Elle précise tout de même que «ce projet va contraindre certains systèmes existants ainsi que certaines pratiques à changer radicalement », et que « les intérêts qui furent précédemment mis en jeu devront se réorienter » (6). Ce projet vise donc à lui garantir à terme l’hégémonie et l’instauration de Comités Nationaux participe de cette tentative.</p>
<p><strong>Sur quoi se fonde ce projet ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Au nombre des théories explicatives retenues figurent en bonne place la neuropsychologie, la psychobiologie, la psychologie cognitive.</p>
<p>Une spécialité « Clinique et Santé » apparaît, qui rapporte donc toute manifestation, retenue comme étant symptomatique, à la santé. Si l’on en tire les conséquences, ce présupposé théorique, puisque c’en est un, donne à la prévention la primauté et consacre le symptôme, ici dénommé « trouble », comme une déviation.</p>
<p>La psychologie d’Europsy est aussi celle du développement, qui étudie « des processus psychologiques à l’œuvre tout au long de la vie » (7). Cela mène au repérage de moments sinon obligés, du moins attendus. La vie de chacun se trouve alors rapportée à des processus, conçus comme normaux.</p>
<p>Une théorie de la personnalité est aussi mentionnée. Elle se donne pour objet la saisie « de traits individuels, de modes de conduite et d’interaction caractéristiques » (8) Ces traits sont repérés et regroupés en vue d’agir sur le comportement de certains groupes ou d’individus. On trouve dans le rapport de 2001 cet exemple: « quels sont les traits de personnalité impliqués dans le comportement des consommateurs ? » (9).</p>
<p>On aperçoit à quel point il ne s’agit ici en aucun cas d’un sujet qui se mettrait au travail avec celui qu’il aurait choisi en vue de repérer ce qui est venu s’articuler, se condenser chez lui de façon singulière comme symptôme. La psychanalyse n’est d’ailleurs mentionnée nulle part.</p>
<p>Ici on part de la santé comme socle, du corps et de son « fonctionnement » comme  « harmonique » alors que quelque chose cloche et fait boîter l’humain dans son rapport à l’être, quand « il appartient à l’essence de l’homme d’être malade », rappelle Jacques-Alain Miller dans son cours (10).</p>
<p>Ici c’est le psychologue qui repère, qui élit par exemple les traits caractéristiques ou les troubles, au titre de leur fréquence d’apparition dans des échantillons qu’il a retenus. C’est encore lui qui infère que ces traits, ces troubles, sont déterminants chez ceux qu’ils rencontrent.</p>
<p>Le projet Europsy prévoit qu’un psychologue ne puisse exercer sans avoir effectué une sixième année de pratique supervisée obligatoire. Les établissements et les superviseurs devraient être habilités par le Comité National dont il a été fait mention. Des guides de supervision sont annoncés, on en connaît le cadre. Sa logique procède d’une décomposition de l’action, découpée en unités discrètes qui prennent le nom de « rôles » et de compétences. Six rôles, que tout psychologue doit « endosser avec efficacité »(11), vingt compétences de base et huit compétences opérationnelles, sur lesquelles le superviseur peut dès lors baser son évaluation, ont été méthodiquement décrits.</p>
<p>L’évaluation aboutit à l’établissement de quatre niveaux, qui seront repérés pour déterminer si le psychologue est compétent ou pas, soit apte à travailler « de façon autonome » ou « avec de l’aide » (12).</p>
<p>L’action est donc rabattue sur un «savoir-faire » dont l’évaluateur se fait l’instrument de mesure pour décider, et c’est bien lui qui décide de bout en bout, du bien-fondé de l’intervention du « postulant » et s’il l’autorise à exercer ou non.</p>
<p>Il est prévu qu’au cours de cet apprentissage le psychologue en formation puisse « observer et regarder faire » son superviseur  afin « d’apprendre et de progresser » (13). La pratique se fonde dans ce cas sur l’observation d’un autre qui se propose comme modèle, sur des rôles à endosser, tels ces « buts à atteindre » discutés au préalable avec le « client » et appliqués ensuite à la lettre. La pertinence de ce qui a été  mis en œuvre est jaugée après-coup, mais toujours à l’aune de ce qui a été planifié. On n’en sort pas. Aucun questionnement, aucune surprise ne peuvent surgir du décalage induit par l’expérience, il restent hors-programme.</p>
<p>On fait ici l’hypothèse qu’il suffirait de passer contrat, de prendre appui sur des méthodes et de les suivre au plus près pour que la division qui caractérise le sujet humain cesse.</p>
<p>On assiste avec le projet Europsy au choix d’un  cadre sans équivoque, conduit par un programme et non par la rencontre de deux humains vivants. Celui qui reçoit n’est impliqué qu’au titre d’obéir à la consigne, tandis que l’aval qu’il obtient de son « client » ne lui donne pas pour autant la parole.</p>
<p>Le désir est hors-champ.</p>
<p>Règnent ici des signifiants-maîtres que l’on peut manipuler, définir à sa guise et mettre bout à bout pour remplir la poche vide du psychologue et lui constituer des rôles à endosser successivement: « but visé, diagnostic, développement, intervention, évaluation, communication » (14).</p>
<p>On perd de vue que ce qui caractérise l’humain, c’est le fait qu’il parle et qu’il vit dans sa langue. C’est aux équivoques qui habitent sa langue qu’un sujet est confronté. Cela implique qu’il n’y ait pas de réponse type, universelle, à ce qui se constitue chez lui comme désir, à ce qui fait pour lui jouissance.</p>
<p>Ce que nous appelons en psychanalyse symptôme se présente d’abord au sujet sous la forme d’une question, comme un non-savoir.  Sa réponse constitue sa vérité, sans être La Vérité, puisque ce n’est jamais une réponse-type, ni un processus, mais qu’elle est toujours singulière. Il est impossible de prévoir comment ce symptôme surviendra, ni la forme qu’il prendra.L’expérience analytique le démontre, cela ne se fait pas sans l’Autre mais c’est toujours affaire de rencontre, donc fortuit et pas donné d’avance : l’assentiment du sujet est en effet requis pour que le symptôme se noue.</p>
<p>Le projet Europsy ne se situe pas dans cette dimension, ce qui équivaut pour chacun à laisser son symptôme à la porte, tout comme la dimension de l’acte pour le psychologue. L’acte tient compte de ce non-savoir de la langue : sa portée se calcule avec lui. C’est pourquoi il ne s’enseigne pas comme on peut le faire d’une méthode, ni ne se prépare à l’avance.</p>
<p><strong>Quels sont les psychologues à l’origine du projet EuroPsy ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Ils sont les mêmes, pour la plupart, depuis la création du projet. Ils représentent des universités et des associations nationales, mais ils sont aussi souvent membres d’associations internationales de psychologie, en particulier de l’IUPsyS, L’Union Internationale de Psychologie Scientifique, et de l’IAAP, l’Association Internationale de Psychologie Appliquée. Certains sont aussi affiliés à la division internationale de l’APA, l’Association Américaine de Psychologie, ou à la SIOP, la Société pour la Psychologie de l’Industrie et des Organisations, une autre division de l’APA .</p>
<p>Ingrid Lunt, directeur du projet EuroPsy, était Vice-présidente de l’IUPsyS pour la période 2004-2008, et elle compte parmi les administrateurs de l’IAAP. Elle écrit dans un article du bulletin « Psychology » qu’une initiative similaire à celle d’Europsy est développée par l’IUPsyS « à un  niveau plus global » (15) Cette association veut établir pour les psychologues des standards internationaux, soit au niveau mondial.</p>
<p>La FEAP, l’IUPsyS et l’IAAP ont signé un accord en 2002, qui précise qu’elles poursuivent les mêmes buts: la promotion de la psychologie scientifique dans le monde (16)</p>
<p>En France, la FFPP siège maintenant au sein d’un « Comité National Français de Psychologie Scientifique » avec la SFP. Il a demandé à être reconnu comme le représentant de l’IUPsyS en France (17). Pour recevoir la Conférence  Internationale de l’IAAP, qui aura lieu en France en 2014, une association a été créée qui regroupe de droit la FFPP et la SFP, leurs présidents, ainsi que Roger Lécuyer et Jacques Py. La  FEAP et la FFPP ont donc avec ces associations et leur orientation, dite scientifique, pour le moins, des affinités (18)</p>
<p>Comment concevoir qu’elles puissent, dans ces conditions, prendre en compte un cadre qui ne se définisse pas de la science mais de l’hypothèse de l’inconscient ? Comment concevoir que la réponse de la FFPP puisse différer de celle de la FEAP ?</p>
<p>Son commentaire d’une nouvelle fiche-métier pour les psychologues, paru dans le bulletin Fédérer de décembre 2008, ne dit rien, par exemple, de la mention d’un niveau dit « expert » pour exercer la psychologie clinique (19).</p>
<p><strong>L’Europe et l’application des directives européennes</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Au niveau de l’Europe, la directive européenne de 2005 vise à la reconnaissance des qualifications professionnelles. Elle s’applique aux psychologues, mais elle n’impose pas aux États l’harmonisation du contenu de leurs formations. L’article 15 le précise : leur  compétence reste entière « pour déterminer les qualifications professionnelles requises pour l&#8217;exercice des professions sur leur territoire » (20).</p>
<p>L’EFPA, qui comptait sur cet article pour imposer Europsy comme plate-forme commune aux psychologues d’Europe, doit tenir compte de cette limitation.  Présenter des plateformes reste cependant possible, moyennant le respect d’une procédure que la FEAP a maintenant l’intention de suivre.</p>
<p>La directive européenne de 2006, qui correspond à la directive Bolkestein remaniée,  vise à accroître la circulation des services dans l’Union Européenne, à les mettre en concurrence. Elle ne devrait pas intéresser les psychologues. Mais le sujet est complexe et il semble que ce ne soit pas acquis.</p>
<p>Les services « non économiques » et ceux qui sont « mandatés par l’Etat » devraient en être exclus, les services de santé également, mais aucune directive spécifique n’est venue préciser ce cadre. Le Parlement Européen a seulement invité la  Commission « à proposer un instrument approprié en vue, notamment, de <span style="text-decoration:underline;">codifier la jurisprudence de la cjce</span> en la matière ». Ce point est en discussion alors que la transposition de la directive devrait avoir lieu avant la fin de l’année 2009 (21).</p>
<p>Toujours est-il que la FFPP déclare que son Comité National « va créer une jurisprudence et engager en grande partie l’avenir de la profession en France » en délivrant le diplôme de base. Elle ne pourra le faire que pour les psychologues qui en feront la demande, puisque rien ne les y contraint (22).</p>
<p>Gardons en tête que ce procédé pourra s’appliquer à tous les « comités nationaux » instaurés en Europe par la   FEAP. Ils créeront tous une situation de fait. Cela viserait, si nous en croyons les déclarations de Roger Lécuyer, Président du Comité National français, à faire valider ce projet, cette fois par le biais d’une jurisprudence. Il s’agirait au final pour la FEAP de «faire la loi », de se substituer au maître en le mettant en demeure d’appliquer cette jurisprudence.</p>
<p>Ce calcul ferait glisser les psychologues dans un système où un groupe parviendrait à imposer le cadre qui lui convient, celui qui sert ses intérêts et lui ouvre un marché.</p>
<p>Cela aboutit à resituer tout autrement la notion de qualité et le dit-cadre européen du projet Europsy. Le but de la FEAP et des associations internationales dont elle est partenaire est de parvenir à imposer leurs standards, de veiller au développement d’une psychologie « universelle » ou « globale », au détriment de ce qu’elles rabattent du côté de psychologies « indigènes » (23) ou de « particularités françaises » (24).</p>
<p>Les théories de l’être humain qui sont inconciliables avec leurs présupposés ne sont jamais mentionnées comme telles. La politique de la FEAP les réduit à n’être que tradition ou frilosité nationales, pour passer au-delà et mener les Etats à tendre vers les normes qui conviennent le mieux à leurs intentions, en vue de leur expansion.</p>
<p>Il s’agirait donc, avec l’évaluation et ses critères, de faire entrer le psychologue « des temps modernes » dans un cadre qui consacre cette psychologie dite scientifique, et de faire taire chez lui  toute velléité de remise en cause.</p>
<p>Comment cette initiative sera-t-elle considérée par les psychologues, par les différents pays concernés et par la Commission Européenne ?</p>
<p><strong>BIBLIOGRAPHIE :</strong></p>
<p><em>1- </em>EuroPsy, Diplôme Européen de Psychologie, septembre 2005, version pdf,  <a title="Lien" href="http://ffpp.free.fr/europsy/europsy220905vf.pdf" target="_blank">Lien</a></p>
<p>2-       Grosbois Philipe, article sur la synthèse du Rapport d’activité du « Standing Committee on Psychotherapy » 2005-2007 de la FEAP, « Fédérer », N° 38, juin 2008, page 4, <a title="Lien" href="http://www.psychologues-psychologie.net" target="_blank">Lien</a></p>
<p>3-       EuroPsy, supra, p. 3</p>
<p>4-       Ibid. supra, p. 4</p>
<p>5-       Ibid., p. 3</p>
<p>6-       Ibid., p. 2</p>
<p>7-       A European Framework for Psychologists’Training, Avril 2001, chapitre 4</p>
<p>8-       Ibid. supra</p>
<p>9-       Ibid. supra</p>
<p>10-    Miller J.-A., Cours du 3 décembre 2008, inédit.</p>
<p>11-    EuroPsy, Ibid. supra, p. 27</p>
<p>12-    Europsy, Ibid., p. 32</p>
<p>13-    EuroPsy, Ibid., p. 3</p>
<p>14-    EuroPsy, Ibid. supra, p.29-30</p>
<p>15-    Lunt Ingrid, “<em>Reaching the parts that need it</em> ?”, The Psychologist, février 2005, Volume 18, N°2, p. 80</p>
<p>16-    International Association of Applied Psychology, Newsletter, Volume 15, Issue 1, january 2003, p. 63</p>
<p>17- <a title="Lien" href="http://209.85.229.132/search?q=cache:Ay3fkueVO6QJ:www.am.org/iupsys/members-affiliates/france.html+iupsys+2008+CNFPs&amp;cd=1&amp;hl=fr&amp;ct=clnk&amp;gl=fr&amp;client=firefox-a" target="_blank">Lien</a></p>
<p>18-    Association for the organization of the 28<sup>th</sup> International Conference of Applied Psychology 2014, « Consortium of Psychology Associations &#8211; 28<sup>th</sup> ICAP 2014 », <a title="Lien" href="http://www.sfpsy.org/IMG/doc/A-CIPA-2014-UK.doc" target="_blank">Lien</a></p>
<p>19-    Fédérer, N° 42, décembre 2008, page 5.</p>
<p>20-    Directive 2005/36/CE du Parlement et du Conseil du 7 septembre 2005 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, Article 15, Alinéa 4, <a title="Lien" href="http://ec.europa.eu/internal_market/qualifications/future_fr.htm#dir" target="_blank">Lien</a></p>
<p>21-    « <em>Quel encadrement européen pour les services de santé</em> ? », Coopération Sociale Européenne, Fiche de synthèse, juillet 2007, <a title="Lien" href="http://docs.google.com/viewer?a=v&amp;q=cache:0al6X4pz4q8J:www.cse-d.eu/csesite/accueil.nsf/url/rattachementfichesCL/%24file/mobilit%25C3%25A9%2520des%2520patients%2520juillet%25202007.pdf+Quel+encadrement+europ%C3%A9en+pour+les+services+de+sant%C3%A9+%3F+Coop%C3%A9ration+Sociale+Europ%C3%A9enne+Fiche+synth%C3%A8se+2007&amp;hl=fr&amp;gl=fr&amp;pid=bl&amp;srcid=ADGEESgj3_Rc6Jxe0ZFbZdUUY8teSxyOTXlamWnrBr5-CLEeG_4z61eysH3I39jz_C-zPf_UekRwR5W7TYohCwL96cascssnI1HRDbqEKJCnoPm7VQ7Ojq83KYSTO_jWA2LDc-2mUB1-&amp;sig=AHIEtbR5N-8X-Y_OQMVO2Uo9YjhLdOELjg" target="_blank">Lien</a></p>
<p>22-    Fédérer, N°39, <a title="Lien" href="http://www.psychologues-psychologie.net/" target="_blank">Lien</a></p>
<p>23-    Lunt I. , Ibid. supra, p 79-80</p>
<p>24-    Robineau M.-J., « <em>EFPA : allocutions de MJ Robineau (ANOP) et R. Lécuyer (FFPP)</em> », Intervention à l’AG de l’EFPA de la délégation française en faveur de la délégation des prérogatives de l’ANOP à la FFPP,<a title="Lien" href="http://www.psychologues-psychologie.net/index.php?view=article&amp;catid=33&amp;id=70%3Aefpa--allocutions-de-mjrobineau-anop-et-rlecuyer--ffpp&amp;format=pdf&amp;option=com_content" target="_blank">Lien</a></p>
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		<item>
		<title>Demain l&#8217;Europe, sous quel ciel pour les psychologues</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 10:49:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[Article publié dans  Objets. Horizon n° 47 &#8211; Juin 2008    Voir le lien Nous nous intéresserons à des associations de psychologues ainsi qu’à des dispositions législatives européennes. Ce qui se joue ici aura des conséquences sur notre façon d’aborder la demande et de la traiter. Il est donc temps pour nous qui nous recommandons de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=44&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Article publié dans  Objets. Horizon n° 47 &#8211; Juin 2008    <a title="Voir le lien" href="http://720plan.ovh.net/~causefre/peel/achat/produit_details.php?id=294" target="_blank">Voir le lien</a></p>
<p>Nous nous intéresserons à des associations de psychologues ainsi qu’à des dispositions législatives européennes. Ce qui se joue ici aura des conséquences sur notre façon d’aborder la demande et de la traiter. Il est donc temps pour nous qui nous recommandons de la psychanalyse d’investir ce champ où certains ont déjà pris place.</p>
<p>Créée en 2002, la FFPP, Fédération Française des Psychologues et de Psychologie doit beaucoup au Président encore en poste, Roger Lécuyer. L’idée qu’il fallait structurer la profession l’a emporté contre les critiques, nombreuses (1).</p>
<p>Ses statuts précisent qu’elle « représente la profession et la discipline auprès des autorités et de tous les partenaires de la profession, en France en Europe et dans le Monde ». Rapprochons cela du fait de prétendre: « inviter en tant que de besoin» les personnes « ayant à voir avec les problèmes de la discipline et la profession »  à une « Conférence des organisations concernées par la psychologie» (2) ou de ce que M. Lécuyer entendait qu’elle soit : « seule habilitée à prendre une position et à négocier au nom de la profession ». La FFPP ne cesse pas de vouloir jouer un rôle central. Pourquoi ?</p>
<p>Au niveau européen, la FFPP est « le membre français de la Fédération Européenne des Associations de Psychologues » (FEAP) depuis 2005. M. Lécuyer est membre du Conseil Exécutif de cette organisation.</p>
<p>La FEAP a élaboré la trame d’un Diplôme Européen de Psychologie (3). Elle veut maintenant établir les critères d’une plate-forme commune pour la profession. Si elle était validée par la Commission Européenne, elle serait la référence des organismes nationaux habilités pour situer les qualifications des psychologues européens et leur droit à exercer dans un autre pays que le leur.</p>
<p>Reconnue organisation internationale non gouvernementale, ONG, la FEAP a obtenu un statut consultatif auprès de la Commission Européenne. Il l’autorise à apporter sa contribution sur les questions liées aux normes d’enseignement, de formation et de pratique professionnelle. Cette Fédération ne joue pas qu’un rôle de représentation, elle entend orienter l’avenir des psychologues.</p>
<p><strong>Avec l’Europe des changements vont avoir lieu. Deux directives doivent entrer en application.</strong></p>
<p>-        <strong> Celle de 2005</strong> vise à faciliter la reconnaissance des qualifications professionnelles et permettra de travailler temporairement ou de s’installer dans le pays européen de son choix avec des formalités réduites. La FEAP entendait y répondre avec son Diplôme européen mais les Etats conservent leur compétence à cet égard (article 15). Elle veut maintenant produire une plate-forme.<em> </em></p>
<p>-         <strong>La directive 2006</strong> vise à la libéralisation des services. Elle éliminera tout obstacle, encourageant en contrepartie l’élaboration de codes de conduite et la création d’un guichet unique qui recevra les demandes et fournira les informations utiles. Les services de santé en ont été exclus lors de sa réécriture (ancienne directive dite « Bolkestein ») mais la partie n’est pas gagnée.</p>
<p>Là trouvent place certaines données actuelles :  le projet de la FFPP de distribuer une carte professionnelle, de rendre le Code de déontologie opposable ou la volonté du Syndicat National des Psychologues d’instaurer un Ordre au détriment d’une FFPP qui se veut seule instance de référence en France. Si les débats sur le Code opposable et le regroupement de la profession ont leur intérêt, la directive de 2005 ne les impose pas, nous sommes donc au delà.</p>
<p><strong>Quelles sont les positions de la FEAP sur la psychologie, la psychanalyse, la clinique ?</strong></p>
<p>Pour cette organisation la psychologie tire sa légitimité de la science:  ses statuts répondent du principe « psychologie comme science et comme profession » et les normes d’études et de formation sont dites  «fondées sur des critères scientifiquement établis» (4).</p>
<p>La cause est entendue, la science est en place de la vérité. La science « est en train de se substituer à la religion… » dirait Lacan qui l’ajoutait à la liste des positions intenables données par Freud : « gouverner, éduquer, psychanalyser » (5).</p>
<p>Les travaux de la FEAP relient clinique et santé (6). La clinique n’est plus une entité. En 1999, le délégué français avait protesté lorsqu’un conglomérat « Clinique Santé Psychothérapie » avait surgi. Il avait fallu batailler contre la conception anglo-saxonne régnante. Confusion, rabat  sur la pathologie, sur le sanitaire lisait-on (7). La chose  réapparaît. Aujourd’hui M. Lécuyer situe EuroPsy comme « un défi lancé à la profession et à ses organisations » que la FFPP « se prépare à relever en invitant chacun à se joindre à sa démarche »(8).</p>
<p>Cette psychologie situe les compétences qu’elle utilise comme « «spécifiques de la profession de psychologue en termes de contenus, de connaissances, et d’outils mis en œuvre pour leur exercice »(9). La psychanalyse n’est jamais citée. Reste-t-elle une référence théorique avec son champ propre ou est-elle phagocytée ? On peut s’interroger. Dans un article, Brigitte Guinot, prochaine vice-présidente de la  FFPP, disait vouloir aborder « le développement et l’adaptation de nouveaux modèles théoriques qui se réfèrent à la psychanalyse comme le posait la tradition, mais aussi à nouvelles méthodologies et référents » pour « tenter de définir une approche nouvelle commune de l’acte clinique en psychologie en référence à l’éthique et à la déontologie. » (10).</p>
<p><strong>De quoi l’acte se supporte-t-il  pour la FEAP ?</strong></p>
<p>Vingt compétences de base déroulent la relation du psychologue avec qui s’adresse à lui : interaction avec le client, collecte d’informations, négociations des buts visés, développement du plan d’intervention, évaluation… La surprise est hors cadre. En clinique et santé les outils mentionnés sont: « les tests, les modèles d’observation, les interviews, les systèmes de classification des troubles et les protocoles thérapeutiques » (11). Ce qui ne va pas est repéré à partir de nosographies DSM ou CIM, soit rapporté à des normes auxquelles répondent des protocoles à visée rectificatrice.</p>
<p>La formation du psychologue s’appuie sur la supervision et l’évaluation. La relation est décrite comme un partenariat où le psychologue en formation pourra « regarder faire » le superviseur qui pourra, quant à lui,  l’observer. Cela permettra, nous dit-on: « d’apprendre et de progresser » sur la base « d’une relation cognitive de qualité mais également émotionnelle et affective » (12). Il est aussi prévu un guide de supervision. L’amour de transfert est donc gommé et le savoir se fait technique au service de la répétition.</p>
<h2><span style="text-decoration:underline;">Bibliographie:</span></h2>
<p>1        La création de la Fédération  FFPP. 2003.  <a title="Lien" href="http://www.wmaker.net/reseaupsycho.fr/La-creation-de-la-Federation-FFPP,-document-de-2003_a428.html" target="_blank"><span style="text-decoration:underline;"><span style="color:#333333;"> </span></span>Lien</a><span style="text-decoration:underline;"><span style="color:#333333;"> </span></span></p>
<p>2        Statuts de la FFPP. <a title="Lien" href="http://docs.google.com/viewer?a=v&amp;q=cache:g2H4RqkbftYJ:www.psychologues-psychologie.net/index.php%3Foption%3Dcom_docman%26task%3Ddoc_download%26gid%3D4%26Itemid%3D161+statuts+FFPP&amp;hl=fr&amp;gl=fr&amp;pid=bl&amp;srcid=ADGEESjjFlenmV1OqOiTwFnGReMy3R8nA9h4xTIpkwhuzQC2Jo4n9dmsEzVS8wqh7eULLMkLkFu1Bw26v2C7TcHpCx59UCjmtBUh5JsMmzV8MLa3Nj51b6THxoLFYUaQZ2m-ETLLt07N&amp;sig=AHIEtbSCj2sVfjX_jbSXKU52OOhWubSUPA" target="_blank">Lien</a></p>
<p>3        Bigot M.-H. La psychologie en Europe, sans diversité. <a title="Lien" href="http://psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=450&amp;var_recherche=psychologues" target="_blank">Lien</a></p>
<p>4        Lécuyer Roger. Europsy : Certification européenne en psychologie. Déclaration de l’EFPA 2006. p.6. <a title="Lien" href="http://www.google.com/search?q=cache%3ANV1Vv73GXBEJ%3Awww.psychologues-psychologie.net%2Findex.php%3Fview%3Darticle%26catid%3D34%26id%3D54%253Aeuropsy--certification-europeenne-en-psychologie%26format%3Dpdf%26option%3Dcom_content%26Itemid%3D110+certification+europ%C3%A9enne+psychologie+d%C3%A9claration+EFPA+2006&amp;hl=fr&amp;gl=fr" target="_blank">Lien</a></p>
<p>5        Lacan J. « Freud pour toujours ». Entretien avec E. Granzotto pour le journal Panorama. 21 11 74. <a title="Lien" href="http://www.ecole-lacanienne.net/documents/1974-11-21.doc" target="_blank">Lien</a></p>
<p>6        Roe R.A. Diplôme Européen de Psychologie. Development State of affairs perspectives.16 05 2005. PPT</p>
<p>7        Létuvé A. Approche européenne de la psychologie clinique par la Fédération : une évolution positive. Bulletin du syndicat national des psychologues. Octobre 1999. N° 149/150. p. 47</p>
<p>8        Lécuyer R. Ibid. sup. p.5</p>
<p>9       Europsy. Diplôme européen de psychologie. 2005. Page 27. <a title="Lien" href="http://ffpp.free.fr/europsy/europsy220905vf.pdf" target="_blank">Lien</a></p>
<p>10    Guinot B. European Congress of Psychology 2007. New approaches for the professional field of clinical psychology in France. <a title="Lien" href="http://www.ordinepsicologi.piemonte.it/DocsImgs/docs/Congresso%20Praga/files/abstract-2534.html">Lien</a></p>
<p>11    Freeman R. Current situation and future perspectives. The EU Directive 2005/36/EC and the. European standard in Psychology – EuroPsy. 28 April 2007. Pdf.</p>
<p>12 Europsy. Diplôme européen de psychologie. Ibid. sup., page 35</p>
<p>Par Marie-Hélène Bigot</p>
<p><a title="Voir le lien" href="http://720plan.ovh.net/~causefre/peel/achat/produit_details.php?id=294" target="_blank"><span class="alignleft"> </span></a></p>
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	</item>
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		<title>EuroPsy ou le pari de l’Utopire</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 10:27:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte présenté à la Journée ECF-IDF, Colombes, le 14 juin 2008 http://www.psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=709 Des changements sont annoncés dans le champ de la psychologie. Nous nous intéresserons plus particulièrement ici aux travaux d’une Fédération Européenne d’associations de Psychologues, ou FEAP, en tant qu’ils constituent à nos yeux une construction propre à inquiéter ceux qui s’orientent de la [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=40&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Texte présenté à la Journée ECF-IDF, Colombes, le 14 juin 2008 <a href="http://www.psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=709">http://www.psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=709</a></p>
<p>Des changements sont annoncés dans le champ de la psychologie. Nous nous intéresserons plus particulièrement ici aux travaux d’une Fédération Européenne d’associations de Psychologues, ou FEAP, en tant qu’ils constituent à nos yeux une construction propre à inquiéter ceux qui s’orientent de la psychanalyse. Nous tenterons d’exposer en quoi ces projets auraient pour résultat de modifier l’organisation du champ de la psychologie, en quoi le rapport des psychologues au savoir, à la clinique s’en trouverait changé, et la question du désir obturée.</p>
<p>Cette FEAP a construit une trame de diplôme de psychologue européen, ce diplôme étant un « diplôme de base ». Il est prévu que viennent s’y adjoindre des spécialisations, dont l’une en psychologie clinique et de la santé et une autre en psychothérapie.</p>
<p>Ce canevas a été construit avec l’idée qu’il puisse devenir une référence pour l’Europe et prendre effet avec la mise en application de la directive européenne 2005 sur les qualifications professionnelles, mais cette directive inclut un alinéa qui précise que la compétence des Etats reste entière « pour déterminer les qualifications professionnelles requises pour l’exercice des professions sur leur territoire ».</p>
<p>Le groupe EuroPsy s’est attelé depuis à la construction d’une plate-forme. Elle définirait les critères à même de combler les différences de formation observées dans au moins les 2/3 des Etats européens. Ratifiée par les Etats et la  Commission européenne, elle pourrait devenir le document de référence que chaque Etat devrait consulter pour calculer s’il y a lieu de demander des mesures de compensation et lesquelles, avant d’autoriser l’exercice de la psychologie sur son sol à des psychologues formés dans d’autres pays d’Europe.</p>
<p>Le projet de diplôme européen n’est pas abandonné. Une expérience a été lancée dans 6 pays pour inviter les psychologues à le demander et à s’inscrire dans un registre dit « de psychologues européens ». La FEAP entend aussi lancer une carte professionnelle au motif qu’elle serait requise par la directive européenne 2005 sur les qualifications. Ces initiatives ont plutôt à voir avec une tentative de prise en main de la profession.</p>
<p><strong>Quels effets aurait le développement d’un tel projet ?</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p><strong>Les associations de psychologues</strong> se trouveraient placées pour la délivrance du diplôme sous l’égide d’un Comité européen. Une seule association nationale est considérée comme étant représentative, c’est la FFPP qui a été désignée comme telle pour la France par la FEAP en 2005.</p>
<p>La liste des tâches qui incomberait à l’Association Nationale et dont elle aurait à s’acquitter a été établie. Ne pas s’y conformer serait considéré comme une « défaillance » et entraînerait la suspension de sa délégation d’autorité.</p>
<p>Elle aurait par exemple à publier une liste des cursus de formation universitaires accrédités. Dans la mesure où les connaissances attendues des candidats au diplôme européen ont été décrites, cette liste deviendrait une référence pour décider d’autoriser ou refuser l’accréditation.</p>
<p>Ce processus pèserait sur l’orientation des cursus de psychologie. Ceux à même de concevoir et de proposer les maquettes universitaires ne pourraient que s’aligner sur la demande du Comité National, faute de quoi leurs étudiants n’obtiendraient pas l’équivalence du diplôme européen, ou tout du moins pas sans mesures de compensation. Cela créerait entre universités et Comité National une relation qui s’apparente à celle d’une mise sous tutelle : pas moyen de faire sans.</p>
<p><strong>Pour les psychologues</strong>,  l’association nationale déciderait de la façon dont ils doivent faire preuve de leurs compétences. Elle produirait des mémentos/directives pour permettre à des superviseurs de les évaluer.</p>
<p>S’il est précisé qu’il ne sera pas exigé de « structure spécifique de formation » cela ne rassure pas. Comment penser qu’une telle structure puisse autoriser des formations diversifiées après qu’elle ait brossé le canevas des normes de formation qu’elle entend voir suivies ?</p>
<p>Les règles de l’EuroPsy peuvent bien sûr être modifiées, mais seulement par un vote d’au moins la majorité des 2/3 des présents. La majorité l’emporte sur la nécessité de veiller à la possibilité de représentation des différents courants.</p>
<p><strong>Quel serait le savoir d’un psychologue ?</strong></p>
<p>S’il s’agit pour tout étudiant désireux de se former à l’université de se soumettre aux exigences universitaires pour valider son cursus, on voudrait croire que l’université veille pour sa part à garantir une pluralité des orientations proposées, ce qui peut permettre de revenir sur les savoirs inculqués, de les interroger et s’orienter. Ici le programme universitaire devra être « être compatible » avec le programme du projet EuroPsy (1).</p>
<p>Il faut savoir également que le diplôme délivré ne vaudrait que pour 7 ans, il devrait être revalidé. Le psychologue devra alors apporter la preuve d’une pratique professionnelle minimale et d’une formation professionnelle continue.</p>
<p><strong>Là encore, laquelle ?</strong></p>
<p>Les théories retenues par les membres d’EuroPsy situent en bonne place la psycho-neurologie, la psychobiologie, la psychologie cognitive ou encore les théories de la personnalité. De psychanalyse point, pas même parmi les théories dites « non spécifiquement psychologiques » : épistémologie, philosophie, sociologie et anthropologie (2)</p>
<p>Si l’on s’intéresse aux déclarations de membres d’EuroPsy, tels José Maria Peiro et Ingrid Lunt, il est seulement fait mention de « réalités nationales » venant à l’encontre du projet, qu’il s’agirait d’intégrer pour pouvoir développer et répandre en Europe une psychologie définie « comme science et comme profession » (3)</p>
<p>Un rapport de 2005 de l’EFPA sur la psychothérapie fournit des indications sur les écoles de formation qui pourraient être acceptées: elles devraient avoir été agrées par le corps professionnel des psychologues, soit l’Association Nationale, avoir des formateurs également  autorisés et accepter que des audits soient régulièrement effectués (4)</p>
<p>Dans ces conditions, le cadre du savoir s’entend comme étant l’apanage de psychologues ayant prédéfini le savoir qu’il faut avoir, seul valable. Ils sont ceux qui savent par excellence, la vérité de ce qu’ils ont émis ne peut être mise en doute.</p>
<p>« On interpose toujours quand on est un psychiatre » dit Lacan dans une conférence où il parle de l’effet que peut produire quelqu’un qui a un automatisme mental, « qui ne peut pas faire un geste sans qu’il soit commandé ». Si, entre ce qui se passe et les questions qui peuvent surgir, on pose alors une « jolie petite théorie », si l’on décrète que c’est « par l’effet d’une espèce d’effet mécanique quelque part, on redevient tranquille » dit-il. (5). On oublie que ce n’est qu’une hypothèse, parmi d’autres possibles.</p>
<p>Ici, pour le psychologue, les théories inculquées pèseront d’autant plus qu’il n’est pas question d’en sortir, le réseau constitué par ceux chargés de l’évaluation et de l’accréditation y veillera, la revalidation de son diplôme y sera subordonnée. Les hypothèses deviennent un commandement, un impératif.</p>
<p><strong>Reste-t-il à l’étudiant, au psychologue, une possibilité de mettre à distance, d’interroger à partir de l’expérience, de ce qu’il sera amené à entendre ? Pourra-t-il entendre ?</strong></p>
<p>EuroPsy prévoit aussi un apprentissage de la pratique au cours duquel le psychologue en formation rencontrera un superviseur. Celui-ci pourra l’observer et lui-même pourra le regarder faire afin, est-il dit, « d’apprendre et de progresser ». Un « guide de supervision » devrait aussi paraître. (6)</p>
<p>Le décalage introduit par l’expérience sera donc là aussi, comblé. Par l’introduction d’un appui sur un petit autre qu’on regarde faire, et sur un Autre avec lequel on aura « des discussions critiques ». Mais comment pourraient-elles dépasser le cadre imparti à l’avance ?</p>
<p>La répétition d’un savoir-faire, des techniques viendront se substituer au surgissement du « je ne sais pas », de l’angoisse, et à la possibilité pour le sujet d’émettre un questionnement qui pourrait le mener à effectuer un cheminement cette fois choisi.</p>
<p>Ces normes d’études et de formation reposent sur des critères dits “ scientifiquement établis de la psychologie comme science et comme profession ”. L’EFPA a signé en 2002 un accord avec l’IAAP (International Association of Applied Psychology) et l’IUPsyS (International Union of  Psychological Science), avec lesquelles elle entend promouvoir la psychologie (7). Elles défendent une psychologie scientifique et œuvrent à son internationalisation.</p>
<p>La science vient ici « boucher les trous » dirait Lacan ( 8). Elle est utilisée comme garantie à priori de l’orientation. La question de savoir si ce qui se présente chez l’humain comme « ce qui ne va pas », est susceptible d’être considéré et interrogé à partir d’autre chose que la seule recherche scientifique ou taxée comme telle, ne peut être avancée. La science, ou qui s’en réclame ici, aurait-elle peur de poser qu’il se pourrait qu’il y ait un « ne pas savoir », soit un champ dont elle ne réponde pas ?</p>
<p>Si la science y arrive toujours, dit Lacan, « c’est qu’elle n’authentifie quoi que  ce soit que quand elle en est sûre » (9) Ce n’est pas le cas quand on proclame en amont être seule à pouvoir se préoccuper de ce qui fait l’esprit humain.</p>
<p>La spécialité prévue « Psychologie clinique et de la santé » se donne pour objet la promotion de « la santé mentale et physique des individus et des familles » (10)</p>
<p>La bonne santé devient un axiome. On se saisit d’elle comme d’un point de départ d’où considérer l’humain. Au départ tout va bien, ou tout peut aller bien si, à condition que…</p>
<p>C’est repérer ceux qui s’exposent à des risques, ou dont on postule qu’ils y sont exposés, en vertu d’un repérage basé sur des méthodes dites scientifiques, manuel DSM, CIM et statistiques, des méthodes qui ne peuvent s’appuyer que sur ce qui est manifeste et comptable, et qui posent par conséquent que ce qui ne va pas est anormalité ou déviance. Considérons ce qu’il en a été avec le rapport sur le trouble des conduites et l’idée d’un dépistage des comportements dès la petite enfance.</p>
<p>« C’est dans la normale que réside la maladie de l’époque » dit Adorno dans un fragment qu’il a intitulé « Santé mortelle » (11)</p>
<p>« La culture décharge de la fonction de penser ». Ici les concepts, les bonnes pratiques, les guides d’évaluation font réponse.</p>
<p>Dans ce cadre, l’éthique, si elle s’offre comme au-delà de ce qui est professé, comme ce qui ne discourt pas mais revient comme une question, pourrait mener le sujet à s’interroger sur la place qu’il occupe dans ce dispositif.</p>
<p>Alors que rien n’y oblige, sauf à vouloir faire entrer les psychologues dans le Code de la santé (12), certains souhaitent légaliser et rendre opposable le Code de déontologie des psychologues, ce qui revient à en faire un instrument du champ social, une nouvelle règle.</p>
<p>Les tenants d’EuroPsy prévoient pour leur part que les psychologues qui poseront leur candidature au diplôme européen devront signer et s’engager à souscrire au Méta-code européen et au Code de déontologie national. C’est situer l’éthique au niveau d’une parole donnée, le sujet s’en remet à un Autre dont il prétend faire, qui prétend être garantie de son acte.</p>
<p>Ce n’est pas là l’éthique puisqu’à ce niveau rien ne se découvre de ce qui fait l’assise du sujet, du désir qui l’oriente à son insu.</p>
<p>L’IUPsyS et l’IAAP ont entrepris d’écrire ce qu’ils appellent une « Déclaration universelle de principes éthiques pour les psychologues ». Ils entendent que ces principes soient tenus pour « des principes moraux » et utilisés comme modèles par les organisations pour procéder aux révisions de leurs codes et standards. Là aussi cela change tout. La morale n’est pas une question, elle élude la place du sujet et de ce qu’il veut, lui fournit un habit de plus à porter et le laisse ignorant de ce qui l’agit.</p>
<p><strong>BIBLIOGRAPHIE :</strong></p>
<p>1-     Lécuyer R. : EuroPsy, Certification européenne en psychologie, 18 10 06, p.4</p>
<p>2-     Europsy : Diplôme Européen de psychologie, Projet du groupe EuroPsy, septembre 2005, page 20</p>
<p>3-     J.M.Peiro, I.Lunt : The context for a European Framework for Psychologists Training, European Psychologist, Vol. 7 , N°3, septembre 2002, p. 171</p>
<p>4-     EFPA Standing Commitee on Psychotherapy, Report to the G.A. 2005 in Granada, Convenor D. Lane, p.15</p>
<p>5-     Lacan J. : Mon Enseignement. Place, origine et fin de mon enseignement, p. 36</p>
<p>6-     EuroPsy, Diplôme Européen de Psychologie, Ibid. supra, page 38</p>
<p>7-     International Association of Applied Psychology, Newsletter, Volume 15, Issue 1, January 2003, p.63</p>
<p>8-     Lacan J. : Congrès de l’Ecole freudienne de Paris, La Grande Motte, 11 02 1973</p>
<p>9-     Lacan J. : Ibid. supra</p>
<p>10- Roe R. : Europsy development and state of affairs, 2005, PPT, p. 21</p>
<p>11- Adorno T. : Minima Moralia Réflexions sur la vie mutilée, 1951, Petite Bibliothèque Payot, 2003, p. 76</p>
<p>12- Fédérer N° 22, Bulletin de la FFPP, décembre 2006. Pages 6-7 :</p>
<p>Je cite : «  L’objet de cette  rencontre était de demander au ministère de  la  santé  son  point  de  vue  sur  les  conditions  d’une reconnaissance  légale  du  code  de  déontologie des psychologues » pages 6-7.</p>
<p>« Compte rendu de la rencontre avec Mmes de Penanster et Gallot », Ministère de la santé, DGS, sous direction du système de santé, mercredi 22 novembre 2006. Et « réflexions sur cette importante audience » (Roger Lécuyer, Marie-Jeanne Robineau,  Marie-Christine Gély-Nargeot, Brigitte Guinot).</p>
<p>par Marie-Hélène Bigot</p>
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	</item>
		<item>
		<title>La psychologie de l&#8217;Europe, sans diversité</title>
		<link>http://mahelledi.wordpress.com/2009/12/05/la-psychologie-de-leurope-sans-diversite/</link>
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		<pubDate>Sat, 05 Dec 2009 20:33:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mahelledi</dc:creator>
				<category><![CDATA[EuroPsy]]></category>

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		<description><![CDATA[Article publié en juin 2007 sur : http://www.psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=450 Quelque chose de crucial se joue pour les psychologues, pour la psychologie, avec la question de l’Europe. Il suffit de chercher à connaître les tenants et les aboutissants de ce projet pour en saisir l’importance. Quand on parle de l’Europe ou des psychologues en Europe, des dates, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=mahelledi.wordpress.com&amp;blog=10711885&amp;post=10&amp;subd=mahelledi&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Article publié en juin 2007 sur :</p>
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<p><a href="http://www.psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=450">http://www.psychologuesfreudiens.org/article.php3?id_article=450</a></p>
<p>Quelque chose de crucial se joue pour les psychologues, pour la psychologie, avec la question de l’Europe. Il suffit de chercher à connaître les tenants et les aboutissants de ce projet pour en saisir l’importance.<br />
Quand on parle de l’Europe ou des psychologues en Europe, des dates, des lieux ou des chiffres sont souvent avancés, comme si leur poids avait une consistance particulière. Les articles sur le sujet peuvent mettre l’accent sur certains plutôt que d’autres, comme s’ils pouvaient à eux seuls venir justifier de l’aventure et sa suite. C’est oublier que la référence ne peut tenir lieu d’argumentation, qu’elle ne peut venir en lieu et place de l’exposé des thèses à l’origine d’une démarche.<br />
Les déclarations qui se sont succédées  sur le rôle et l’organisation de l’Enseignement Supérieur en Europe comportent des variations qu’il s’agit de repérer, pour saisir de quoi relèvent les objectifs en question, cela pour pouvoir opérer des choix.</p>
<p>C’est ainsi que le traité de Rome est mentionné quand on veut vanter la mobilité des individus, que la déclaration de Bologne de 1999 est citée avec ses 29 pays signataires, ou bien pour la psychologie, que les 32 pays (ou plus ?) annoncés derrière l’EFPA sont appelés à la rescousse, et avec eux la vision de divisions de psychologues en marche : 170 000, 200 000, 270 000… selon les auteurs et le moment, pour sonner la charge et emporter l’adhésion.</p>
<p>Il est de notre responsabilité d’interroger ce sujet pour savoir si le cadre qui se dessine avec EuroPsy autorise une possibilité de formation et d’exercice dans le champ qui est le nôtre, celui de la psychologie clinique avec la psychanalyse.<br />
Il est effectivement crucial d’établir comment notre clinique, qui s’éclaire de la psychanalyse, pourra prendre la place qui doit être la sienne dans le champ qui se construit ici.<br />
Regardons de près l’espace que l’on nous invite à rejoindre.</p>
<p>L’Europe et l’enseignement<br />
Avant Bologne il y avait eu la Convention de Lisbonne en 1997.<br />
Elle mettait l’accent sur un droit à l’éducation pour les habitants de la région européenne et faisait le constat de “ diversités culturelles, sociales, politiques, philosophiques… ”. Elle les concevait comme une “ richesse exceptionnelle ” qu’il s’agissait de “ respecter pleinement ”.<br />
Elle insistait pour cela sur la nécessité de “ l’autonomie des établissements ”. Dans cet esprit,  “ le droit à l’évaluation ” ne concernait que le droit de chacun à faire valoir et reconnaître son parcours d’étude et ses diplômes au sein de l’Europe. (1)</p>
<p>La déclaration de Bologne opère un renversement et elle introduit un argumentaire tout à fait différent. Il ne s’agit plus ici de préserver des diversités mais de construire un “ espace social et culturel commun ” et, nous dit-on, d’enrichir la citoyenneté.  Le but n’est plus la reconnaissance du droit de chacun à l’éducation mais la mise en place d’un système permettant la comparabilité des diplômes, leur harmonisation, en vue de l’intégration sur le marché du travail et l’amélioration de la compétitivité.</p>
<p>Les changements qui se profilent pour les psychologues en Europe sont à replacer dans ce débat. Les conventions, les programmes, viennent redéfinir un champ, celui de leurs connaissances, de leurs pratiques et celui des moyens qui leur seront alloués pour les acquérir et les mener.<br />
Les psychologues travaillent avec le langage, avec la parole et ses effets sur les sujets et sur les groupes. Ils ont à considérer les mots mais ils le savent également, leur contexte et les significations qui leur sont attribués.<br />
La richesse, l’unité, la mobilité, l’évaluation…  pour quel propos, avec quelle perspective, au bénéfice de quoi, de qui ?</p>
<p>L’EFPA et la formation des psychologues<br />
L’EFPA travaille la question de la place des psychologues en Europe. Cette Fédération, qui s’est nommée Fédération Européenne des Associations de Psychologues, opte pour certaines solutions, et le cadre qu’elle propose nous mènera à en faire certains commentaires. J’exposerai les positions qu’elle défend et les remarques que je peux y apporter.<br />
C’est la FFPP qui a été déclarée association représentative de la France, par l’EFPA elle-même à Grenade en 2005, bien que le SNP s’en soit retiré après le Congrès qui avait eu lieu la même année.</p>
<p>L’EFPA a mis sur pied avec Europsy la trame d’un diplôme européen de psychologie (DEP). Ce diplôme est présenté comme “ un premier niveau ” de formation, ceci parce qu’il existe un projet de spécialisation en psychothérapie, d’ailleurs déjà rédigé (2).<br />
Le diplôme de base paraît proche à première vue du cursus actuel français : obtention d’une licence en 3 ans, obtention d’un master en 2 ans, avec cours théoriques et temps de stages.<br />
Il est prévu en outre une année supplémentaire dite “ de pratique professionnelle supervisée ”.</p>
<p>L’obtention du titre et le droit d’exercice sont subordonnés à des obligations qui ne sont pas sans importance:<br />
Enregistrement du candidat dans le registre européen tenu par l’EFPA.<br />
Engagement écrit de souscrire aux principes du Code européen et du code de déontologie national.<br />
Formation permanente obligatoire d’au moins 80 heures par an<br />
Les diplômes Europsy sont temporaires, ils valent pour 7 ans. Une demande de renouvellement doit être faite auprès du Comité National d’accréditation des diplômes de l’Association Nationale des Psychologues, accréditée par l’EFPA.</p>
<p>La psychologie clinique apparaît dans la dernière mouture du programme Europsy. Elle a longtemps été absente. Le canevas présenté en 2001 pour la formation des psychologues en Europe n’en parlait pas comme d’un corps théorique, mais la qualifiait de psychologie appliquée.<br />
Dans la dernière mouture, elle apparaît dans les théories explicatives, en duo avec la psychologie de la Santé (3).<br />
Ce n’est pas anodin, car il s’agit de savoir si cette partition, décidée par les concepteurs d’EuroPsy, fait place ou non à un psychologue qui s’oriente de la psychanalyse, et qui se veut psychothérapeute. L’ensemble clinique/santé est défini comme ayant pour objectif de “promouvoir la santé mentale et physique des individus et des familles”(4).<br />
À la lecture il apparaît que la psychologie clinique “nécessitera habituellement une formation post-universitaire ”, soit une spécialisation. Il est précisé qu’un “guide de supervision” sera publié prochainement pour promouvoir “la diffusion de ces pratiques appropriées”(5).<br />
L’idée de faire de la psychologie clinique et de la santé une spécialisation est mentionnée également dans le dernier rapport de l’EFPA (6)</p>
<p>Le domaine de la psychologie<br />
Les questions auxquelles la psychologie aurait à répondre sont formulées à partir de comportements, considérés comme problématiques ou dignes d’intérêt, me semble-t-il avant tout, pour la société :<br />
“Comment traiter la dépendance à la drogue ou à la cigarette ? Comment rendre les enfants plus créatifs ? Comment des athlètes peuvent-ils optimiser leurs capacités avec des techniques psychologiques ? Quels sont les traits de personnalité et les valeurs impliqués dans une conduite de consommation ?”(7).<br />
Cet abord isole des comportements, les considère comme des troubles, les aborde effectivement sans théorie du sujet puisque la question du traitement est posée sans s’interroger sur la façon dont un comportement peut s’articuler au sein d’un symptôme, si même ce comportement fait symptôme, ni sur la place qu’il tient pour ce sujet dans son rapport au symbolique, à l’imaginaire et au réel.</p>
<p>Psychothérapie et psychologie<br />
L’EFPA travaille également sur une spécialisation en psychothérapie. Elle prévoit que le candidat soit titulaire du diplôme de base et qu’il ait 2 années d’expérience professionnelle supervisée.<br />
La formation serait de 3 ans dont 500 heures de pratique supervisée et une formation psychothérapique personnelle d’au moins 100 heures (8). Nous sommes là à 6 ans de formation universitaire de base, 2 années d’expérience, 3 années de formation universitaire complémentaire, soit 11 ans, pour venir qualifier l’exercice de la psychothérapie par un psychologue.<br />
Cela fait dire à Roger Lécuyer, président de la FFPP, représentant français auprès de l’EFPA, qu’on est “bien loin, au niveau européen, de l’article 52 et du projet de décret d’application” (9). Si on raisonne au ratio du temps passé aux études universitaires, en effet, reste à savoir ce que l’on étudie et pourquoi.</p>
<p>Il est attendu de la formation personnelle de 100 heures au moins qu’elle permette aux étudiants “ d’être conscients de leur implication personnelle, de savoir la manier de façon appropriée ”, de même que“ leur contribution aux progrès de la thérapie qu’ils pratiquent ” (10) . L’étudiant en psychothérapie devrait aussi se familiariser avec un large éventail de pratiques thérapeutiques, ceci nous dit-on, pour pouvoir tenir un rôle de “ consultant ” et pour connaître les limites d’un modèle psychothérapique et les siennes propres.<br />
Ils devrait aussi être formé à “ évaluer les thérapies qu’il(s) pratique(nt) ” (11)</p>
<p>On ignore les tâches qui seraient dévolues aux titulaires du diplôme de psychologie en 6 ans au regard de cette spécialisation, mais une distinction est faite par Europsy entre “un statut d’expert” et le “simple spécialiste” (12). Il est annoncé avec précaution que “le développement de qualifications à haut niveau pourra à long terme restreindre les lieux d’exercice, les niveaux et les tâches” de ceux qui n’auraient que le diplôme de base, ce qui rejoint les termes du dernier rapport d’activité de l’EFPA (13)</p>
<p>Les lieux de formation<br />
Les instituts de formation retenus devraient être “approuvées par le corps des psychologues”, soit par l’association de psychologues autorisée à accréditer. Ils devraient coopérer avec les départements universitaires de psychologie et autres lieux de recherche pour l’évaluation des psychothérapies et accepter des audits par le corps professionnel des psychologues.</p>
<p>En ce qui concerne la psychothérapie ”, il est demandé 100 heures (au moins) de “formation psychothérapique personnelle ” sur les11 années d’études. Nous entrons là dans une comptabilisation. Elle devrait avoir lieu dans des écoles thérapeutiques “acceptées”. Ces écoles, dites “écoles thérapeutiques majeures ”, devraient faire la preuve qu’elles se basent “sur un corps de connaissances psychologiques (“ psychological knowledge ”), portant sur le développement humain, la psychopathologie, sur une théorie et des stratégies d’intervention” (14).</p>
<p>Comment la psychanalyse pourra-t-elle, le moment venu, se positionner dans ce cadre ? Les psychologues freudiens n’ont-ils pas ici, une action à mener es-qualité, c’est à dire au nom de la spécification freudienne d’une certaine orientation de la psychologie ?.</p>
<p>Psychologue superviseur et bonnes pratiques<br />
Un “psychologue superviseur” deviendrait responsable de “la compétence du futur psychologue praticien en formation”, y compris pour la psychothérapie, nouvelle venue à l’université.<br />
La garantie de la compétence du superviseur résiderait dans une habilitation délivrée par “le Comité national de délivrance des diplômes ou par l’Association Nationale”(15).<br />
La garantie de “bonnes pratiques” serait assurée sur la base d’un contrat où superviseur et étudiant conviendraient du champ professionnel choisi, du type de client rencontré, du rôle à tenir dans le champ où l’étudiant a choisi d’intervenir, et des compétences à mobiliser pour ce type de pratique.<br />
Ces “bonnes pratiques” seraient référées à des normes pré-établies puisque 20 d’entre elles sont repérées à l’avance et listées.<br />
Les superviseurs évalueraient donc les compétences des futurs praticiens.<br />
Comment ? En remplissant une fiche d’évaluation, et en se basant pour se faire sur des “guides d’évaluation” édités par “le Comité européen d’obtention du diplôme”, ceci pour “autoriser l’individu à exercer de façon autonome”(16).</p>
<p>Evaluation est ici le maître mot. Quelle sera la différence entre un psychologue non évalué et un psychologue évalué , entre une école “acceptée” ou pas ? En reprenant les termes utilisés par Jean Claude Milner, nous pouvons dire que tous deux ont “les mêmes traits”, ou répondent à la même définition d’école… mais au bout du compte, au bout de l’évaluation, qu’il s’agisse de psychologue ou d’école, ils entrent dans le circuit de “l’ensemble des êtres et des objets évalués”.<br />
Une mutation s’est opérée, ils sont entrés dans le “paradigme de la mesure”, du calculable (17).</p>
<p>Il s’agit, dit J.-A. Miller “de s’emparer du savoir de l’autre”, “d’obtenir de l’autre le savoir qu’il a de sa propre pratique” avec au bout du compte une opération de comparaison et l’élimination, ou la nécessité de transformation de ceux qui n’auraient pas satisfait aux critères, ou qui y satisferaient moins bien que les autres, toujours au vu des critères mis en place(18).</p>
<p>Nous voyons se dessiner, comme nous en avons débattu précédemment une appropriation de la psychothérapie par les psychologues, qui, semble-t-il, décideraient seuls de la compétence des futurs  praticiens.<br />
Il faut faire remarquer que se tisse ainsi un maillage fin qui subordonne les lieux de formation, les écoles dites thérapeutiques et la recherche à des orientations décidées exclusivement par les psychologues, et par l’EFPA.<br />
L’organisation EuroPsy réfère le système tout entier au Comité européen.<br />
Il est avancé que l’ambition n’est pas de “remplacer les pré-requis nationaux relatifs à la profession”. Comment l’entendre, sinon comme une dénégation, puisqu’il nous est dit dans la phrase suivante que “plus la reconnaissance du projet EuroPsy sera mise en place et plus les pré-requis nationaux s’y conformeront” (19). Cela mène à interroger le désir qui anime un tel projet et à réfléchir à la manière de faire valoir, dans cet ensemble, la spécificité de notre orientation freudienne. C’est urgent.</p>
<p>Par quoi le désir d’un psychologue est-il orienté selon EuroPsy ?<br />
Le texte d’Europsy fait reposer “l’intention première qui préside au désir d’être psychologue” sur “le souci d’appliquer et de développer” des “principes psychologiques” orientés par un point de vue “scientifique et éthique”(20) .<br />
Le terme de “scientifique” nous interpelle, et si nous nous regardons le glossaire, nous voyons que le terme de “Connaissances scientifiques” désigne les “connaissances accumulées dans la littérature scientifique dans la discipline psychologie et partagées par la communauté des chercheurs et des enseignants de psychologie”(21). Nous sommes renvoyés à ce qui fait science, à ce que l’on considère comme scientifique. Le débat récent qui a eu lieu après le rapport de l’Inserm sur le trouble des conduites a largement interrogé ce concept.<br />
Les psychologues freudiens s’inscrivent résolument, en leur nom et avec le collectif Pasde0deconduite, dans la mise en question des méthodes d’évaluation qui s’autoproclament ainsi scientifiques.</p>
<p>Qu’est ce qu’une littérature dite scientifique ? Une littérature anglo-saxonne ? Une littérature qui prend appui sur des critères diagnostiques de type DSM ? sur des méthodes dites scientifiques parce qu’objectivables ? sur des recherches prenant appui sur le calcul statistique ou des corrélats neurobiologiques ?</p>
<p>Quel est le désir qui anime les concepteurs du projet EuroPsy ?<br />
Il nous est dit que les critères d’EuroPsy se sont inspirés de travaux effectués par la Société Britannique de Psychologie (BPS) pour établir les pré-requis de son diplôme de psychologie appliquée, mais cela ne me semble pas pouvoir tout expliquer, même si la BPS distingue par exemple plusieurs types de psychologues, associés ou spécialistes.</p>
<p>Nous savons que l’ENOP, (ou ENWOP), équivalent de l’EFPA pour la psychologie du travail et des organisations, avait développé au cours des années 1990, un “modèle de formation des psychologues du travail en Europe”. L’ENOP a aussi contribué à mettre en place la Commission des 14 membres qui a abouti à la rédaction du rapport Europsy et de ses critères.<br />
Ce point n’est pas sans importance si on prend en compte l’orientation de la psychologie du travail et le fait que le nom de Mme Claude Leboyer, qui a été Présidente de l’Association Internationale de Psychologie Appliquée, fondateur du bureau de l’ENOP, apparaît dans la bibliographie Europsy.<br />
Mme Leboyer  travaille sur la motivation au travail, la gestion des compétences, l’évaluation du personnel avec des outils psychométriques, des questionnaires de comportements et des méthodes statistiques, ceci au service d’une plus grande compétitivité.<br />
Un commentaire de son livre, portant  sur la motivation dans l’entreprise, commence par ces lignes : “La compétition se joue à l’échelle mondiale. La productivité et la qualité y ont un rôle central. De ce fait, la motivation des hommes au travail représente un facteur capital de la réussite des entreprises”(22).<br />
Nous pouvons mettre en résonance les propos du Président de l’EFPA, pour qui l’Europe s’étant donné pour but de devenir leader économique en terme “ de compétition, de compétence et de technologie ”, il s’agit non seulement de  permettre “ aux capitaux et aux biens de circuler librement ”, mais aussi de rendre cela possible pour les professionnels, en particulier pour ceux qui ont des qualifications supérieures, et donc d’atteindre “ une mobilité maximale ”. (23)</p>
<p>L’équipe EuroPsy<br />
L’équipe qui pilote EuroPsy a aussi retenu mon attention, la plupart de ses membres étant là depuis la mise en place du projet, au point qu’ils le considèrent peut-être un peu comme le leur.<br />
Je considérerai seulement ici l’équipe d’EuroPsy, et non le Comité qui a rédigé les critères du diplôme spécialisé de psychothérapie.</p>
<p>Ils sont professeurs et sont concernés par la recherche dans leur spécialité. Certains portent plusieurs casquettes, qui ne correspondent pas toujours aux intitulés des diplômes français.<br />
La psychologie sociale, la psychologie du travail, du leadership et des organisations sont représentées de façon excessive avec 5 d’entre eux.<br />
L’équipe Europsy compte également 1 psychologue de la Santé et d’éducation à la Santé et 1 psychologue de l’Education. On y trouve 2 spécialistes de psychologie cognitive, avec un versant développement pour Roger Lécuyer. Un autre est spécialisé en neuropsychologie, tandis qu’un membre travaille dans le champ de la linguistique mais avoue être également intéressé par le sujet. La psychologie transculturelle compte un représentant. La représentante danoise apparaît en qualité de psychologue, sans autre précision.<br />
Dave Bartram est un grand spécialiste des tests et de la validation des procédures d’évaluation et de sélection du personnel (24). Il travaille très activement et a récemment fait part, pour l’EFPA, de modèles à utiliser pour la description et l’évaluation de tests psychologiques, dans le cadre de la psychologie du travail.</p>
<p>Il est plus difficile de classer Tuomo Tikkanen, diplômé de philosophie et de psychologie.<br />
Il définit la psychologie comme une science, il est intéressé par la neuropsychologie et par le résultat d’études qui prouveraient, dit-il, que la psychothérapie a “un effet à long terme sur des processus chimiques du système nerveux central”.<br />
Curieusement, après cet exemple, il dénonce le réductionnisme auquel la psychologie a aujourd’hui affaire, soit le fait que les sciences de la nature veulent la réduire “aux seuls phénomènes neurophysiologiques”.  S’il attend quelque chose des méthodes psychothérapiques, c’est néanmoins avec l’espoir d’un appui sur une psychologie scientifique (25).</p>
<p>En conclusion :<br />
Le but d’EuroPsy dépasse très largement la question de la reconnaissance des diplômes de psychologie en Europe et la mobilité des étudiants et des professionnels.<br />
Son intention n’est pas de préserver “les diversités” culturelles nationales, ni de les concevoir comme une richesse “à préserver pleinement”.<br />
Le projet Europsy vise à créer un diplôme de psychologie en Europe et un système de spécialisations, avec à terme la création de plusieurs niveaux professionnels sous la forme, par exemple, de statuts d’associé et d’expert.<br />
Il vise à promouvoir une “standardisation et une transparence des qualifications”(26),  soit à disposer de psychologues subordonnés à l’obtention de diplômes ou certifications renouvelables, relativement aux critères choisis  par l’EFPA.<br />
Il est évident qu’alors, la recherche n’aura plus qu’à suivre, “harmonisée ”, conforme, elle répondra aux attentes et aux orientations théoriques soutenues par le Comité européen.</p>
<p>L’orientation de l’enseignement, de la formation, de la pratique de la psychologie.<br />
L’équipe EuroPsy ne peut prétendre représenter à elle seule l’éventail des théories ayant trait à l’esprit humain.<br />
Comment la psychologie dans son ensemble, la psychologie dite “ clinique et de la santé ”, la spécialité en psychothérapie qu’EuroPsy prétend fonder, pourra-t-elle s’écarter des orientations mises en place ?<br />
Comment la psychologie, en particulier en clinique et de la santé, et celle qui se préoccupe de psychothérapie, va-t-elle interroger les concepts qui sont les siens tout en garantissant son indépendance dans un tel cadre ? C’est le défi qui nous est lancé.</p>
<p>Leadership de la psychologie<br />
EuroPsy vise à diffuser ses propres standards, via le processus de Bologne, l’évaluation et l’accréditation, et non à offrir une lisibilité des cursus nationaux en Europe, à moins qu’on ne considère, comme elle le formule, que les cursus nationaux s’alignent d’eux-mêmes sur ses propres critères. Dans ce cas, ils ne peuvent pas non plus être dits nationaux, même si une Association de Psychologues dite “Nationale” se trouvait en charge de faire respecter les critères EuroPsy.<br />
En effet, les travaux des Comités Nationaux de délivrance des diplômes peuvent être stoppés si le Comité Européen juge que leurs travaux ne sont pas “en accord avec les règles énoncées”. Il ne s’agit que d’une “délégation d’autorité” (27)</p>
<p>L’équipe d’Europsy développe également une politique de marketing, de diffusion de ses objectifs, à partir de la notion de “valorisation”:<br />
il s’agit “d’optimiser les avancées d’un projet en lançant des expérimentations et en l’exploitant de façon à accroître sa valeur et son impact”(28).<br />
Ainsi, une expérimentation est actuellement lancée dans 6 pays, pour procéder à l’enregistrement et à la certification des titulaires en psychologie. L’EFPA souhaite en effet  “que l’expérience s’étende aux 32 pays où elle est implantée en 2008”(29).<br />
Elle a aussi l’intention de lancer une carte professionnelle “conformément”, nous dit-on, “à ce qui est prévu dans la directive européenne 2005/36/EC”. Trouverait-elle que l’ardeur de la Commission Européenne se ralentit ?</p>
<p>En effet, contrairement à ce que l’EFPA et la FFPP espéraient, la Commission a publié en 2005 une directive – 2005/36/CE – qui stipule dans son article 15 que “la compétence des Etats membres” pour déterminer “les qualifications requises pour l’exercice des professions sur leur territoire”, “le contenu et l’organisation de leurs systèmes d’enseignement et de formation professionnelle” n’est pas affectée par la possibilité pour des organisations de présenter des “plateformes” communes à la dite Commission (30). Ces “plateformes”, tel Europsy pour les psychologues, ne peuvent donc prétendre s’imposer d’emblée aux Etats membres de l’Union européenne.<br />
L’ambition d’Europsy s’étend de toute façon bien au delà de l’Europe.<br />
On évoque l’Europe de l’Est dans le rapport d’activité 2005 : Russie, Roumanie, Serbie… (31) mais d’autres sources citent aussi le Canada, le pourtour méditerranéen, ou plus largement le Commonwealth : Nouvelle-Zélande ou Australie, par exemple…(32)<br />
Europsy poursuit donc des objectifs qui dépassent de très loin le cadre d’une reconnaissance de diplômes dans le cadre européen ou la seule qualité de ses membres.</p>
<p>Sans doute peut-on souhaiter que l’exigence de transparence que les auteurs du projet font peser sur le individus leur fasse retour… C’est le devoir des psychologues d’y contribuer. Cela leur permettra, chemin faisant, de se tenir informés avec précision des enjeux de ce programme, qui définit une véritable politique dont les retombées sur leur pratique ne seront pas minces.</p>
<p>Que chacun s’interroge pour savoir en quoi il serait tenu là à une obligation quand il s’agissait au départ de lui ouvrir un droit, d’ouvrir à la reconnaissance des diplômes en Europe en respectant les diversités existantes et l’autonomie des établissements ?<br />
L’idée de la création d’un Ordre des psychologues en France, actuellement en discussion, gagnerait à être reprise avec ces coordonnées, jusqu’alors laissées dans l’ombre.</p>
<p>Bibliographie :<br />
1-    Convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne, Lisbonne, 11.IV.1997, http://conventions .coe.int/Treaty/FR/Html/165.htm<br />
2-    Lécuyer Roger, Europsy, certification européenne en psychologie, FFPP, 12 10 06, http://www.ffpp.net/modules/news/article.php?storyid=189<br />
3-    PDF European Diploma in Psychology &lt;http://ffpp.free.fr/europsy/europsy220905vf.pdf&gt;Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Version HTML, Traduction Lécuyer R., Wieder C., p. 20<br />
4-    Roe Robert A. : Europsy development and state of affairs, doc-1082.ppt, p 21<br />
5-    Ibid.supra, European Diploma in Psychology,  p. 35<br />
6-    http://www.efpa.be/doc/2005_2007EFPAActivityPlan.pdf, page 5<br />
7-    EFPA, Optimal standards for professional training in psychology, point 7.9<br />
8-    Bulletin Psychologues et psychologie, Normes de formation pour les psychologues se spécialisant en psychothérapie recommandées par l’EFPA, n° 160, p. 66-68<br />
9-    Lécuyer Roger, Ibid supra.<br />
10-      [PDF] EFPA STANDING COMMITTEE ON PSYCHOTHERAPY Convenor : DAVID LANE …<br />
EFPA STANDING COMMITTEE ON PSYCHOTHERAPY Convenor : DAVID LANE …<br />
&lt;http://www.efpa.be/doc/SCPsychotherapyreporttoGAGranada2005.pdf&gt;<br />
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Version HTML, page 19.<br />
11-    Ibid. supra, Point 5.4, page 15<br />
12-    PDF European Diploma in Psychology, Ibid. supra, page 3<br />
13-    2005_2007 EFPA Activity Plan. Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Version HTML www.efpa.be/doc/2005_2007EFPAActivityPlan.pdf , page 3<br />
14-    [PDF] EFPA STANDING COMMITTEE ON PSYCHOTHERAPY, voir supra, page 29.<br />
15-    PDF European Diploma in Psychology, Ibid. supra, page 32<br />
16-    Ibid supra, page 35.<br />
17-    Miller J.-A., Milner J.-C. : “ Voulez-vous être évalué ? ”, Editions Grasset, 2004, page 15-16.<br />
18-    Ibid. supra, page 60.<br />
19-    PDF European Diploma in Psychology, Ibid. Supra, page 3<br />
20-    Ibid., page 27.<br />
21-    Ibid, Page 16<br />
22-    Levy-Leboyer Claude : “La motivation dans l’entreprise ”, Modèles et stratégies, Edition d’Organisation, 1998 et www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/levy.html<br />
23-    “ The european diploma in psychology and the futur of the profession in Europe ”, Tikkanen T. , 2003, Status_o_profession_2003.pdf.<br />
The Present Status and Future Prospects of the Profession of … http://www.efpsa.org/pdf/NEWS_tikkanen.pdf<br />
24-    Bartram Dave: http://www.intestcom.org/itc2004/speakers.html<br />
25-    European Psychologist Abstracts Tuomo A.J. Tikkanen …<br />
www.efpsa.org/pdf/NEWS_tikkanen.pdf<br />
26-    [DOC]  Valorisation Guidance Note<br />
http://www.europe-education-formation.fr/docs/Leonardo/Valorisation-Guidance-Note-Leonardo-EN.doc Format de fichier: Microsoft Word -  page 44<br />
27- PDF European Diploma in Psychology, Ibid . supra, Article 18, page 9.<br />
28- Valorisation Guide Note, voir supra, page 11<br />
29- Lécuyer Roger, FFPP,  12 10 06, Ibid. supra<br />
30- Ibid supra, article 15<br />
31- 2005_2007 EFPA Activity Plan. Page 4<br />
32- Valorisation Guide Note, voir supra, page 44.</p>
<p>Par Marie-Hélène Bigot</p>
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