Le samedi 7 novembre 2009, par Marie-Hélène Bigot
Paru dans le N°33 de l’Epoque Freudienne, le 31 décembre 2009 Lien
Pendant ces deux années, la Commission Europe de l’Association des Psychologues Freudiens, avec Marie-Claude Sureau et moi-même, a continué de s’intéresser aux objectifs que poursuivent certaines associations de psychologues, en particulier à ceux de la FEAP (Fédération Européenne des Associations de Psychologues) et de la FFPP, son représentant en France.
Ce questionnement et ces recherches m’ont amenée à écrire des textes où j’ai cherché à exposer, à développer les conséquences qu’auraient ces orientations pour les psychologues, en particulier pour ceux qui s’orientent de la psychanalyse.
Présentés à des après-midi, à des journées organisées par l’Envers de Paris, l’ACF Ile de France, par l’ACF Val de Loire Bretagne, ces articles sont tous consultables sur le site internet des Psychologues Freudiens.
Un lien avec le site de l’InterCoPsychos donne aussi accès au texte de janvier 2009, écrit en réponse à la lettre que Monsieur Quéheillard, secrétaire du Syndicat National des Psychologues, avait adressé au Président de la FEAP.
Que se passe-t-il maintenant, que ferons-nous ?
En France, la FFPP a mis en place un Comité National, le CoFraDec, qui prétend accréditer les psychologues et les lieux de formation jugés conformes aux critères requis par la Fédération Européenne. Des psychologues ” référents EuroPsy ” seront désignés au début de 2010 .
Monsieur Lécuyer, président de ce Comité, mais aussi membre du nouveau Conseil Exécutif de la FEAP depuis juillet, a envoyé une lettre aux Présidents d’Université. Il y donne le CoFraDec comme représentatif de la profession et de la discipline, cela alors qu’il n’a aucun statut légal et que la prétendue diversité des personnes nommées à ce poste, toutes désignées par la seule FFPP, ne le rend d’aucune façon représentatif de la profession.
La FFPP organisera bientôt une journée pour présenter ce Comité. La situation des psychologues au Royaume Uni et au Québec, entre autres, avec leurs pratiques de supervision instituées y seront présentées.
Le but poursuivi n’est pas, comme il est dit, de rendre compatibles les diplômes nationaux entre eux, mais de les aligner sur les normes EuroPsy, normes disent être conformes aux critères d’une psychologie dite scientifique.
Cela amène Monsieur Grosbois, chargé de mission ” Psychothérapie ” à la FFPP, à évoquer ” l’opportunité de ne pas encourager les psychologues français à entrer dans le processus d’autorisation légale type article 52 “, et à valoriser au contraire ” la reconnaissance par l’EFPA des psychologues se spécialisant en psychothérapie ” au motif qu’ils auraient, eux, une ” vraie formation psychothérapique ” .
In fine, cette formation, conforme aux vœux de la FEAP, procède de la supervision et de l’évaluation. Elle évacuerait toute possibilité pour un psychologue d’interroger en propre ce qui fait désir chez l’humain et priverait tous les lieux de formation existants de leur autonomie, du libre-choix de leurs enseignements et de leur responsabilité.
La Société Française de Psychologie a fait sien ce point de vue. Elle a accepté d’avoir des représentants au sein du CoFraDec et siège aux côtés de la FFPP au titre de représentant en France d’associations internationales comme l’IUPsyS (Union Internationale de Psychologie Scientifique) et l’IAAP (Association Internationale de Psychologie Appliquée).
Le Syndicat National des Psychologues entend pour sa part combattre ce projet EuroPsy en instaurant un Ordre des Psychologues, ce qu’il présente comme un ” projet nécessaire pour garantir l’identité de la profession “. Nous savons que sa création modifierait le visage de la psychologie en France. Le SNP a prévu pour sa part une journée d’information en janvier 2010.
L’une et l’autre associations appellent à la légalisation du Code de Déontologie.
Face à cette accélération des événements, il nous semble important, “judicieux “, pour reprendre un terme de Stella Harrison, d’étoffer la Commission Europe, et de créer un petit groupe qui travaillera sur ce thème ” d’EuroPsy “.
Les membres du groupe se tiendront informés des projets en cours, pourront communiquer par mail ou téléphone, se rencontrer si besoin est, et décider des réponses à apporter à ce qui se trame ici, qui met en danger la possibilité même pour les psychologues d’une pratique qui s’oriente de la psychanalyse.
Bibliographie
1- CoFraDec EuroPsy. Présentation. Lien
2- Fédérer. Bulletin FFPP septembre 2009. Philippe Grosbois, chargé de mission psychothérapie FFPP, Page 16